PoliceJustice
En Bref 28 mars 2022

Des produits marquants utilisés contre la mobilisation contre les méga-bassines ?

La manifestation contre les méga-bassines a rassemblé des milliers de personnes ce samedi 26 mars. Des Produits Marquants Codés y auraient été utilisés par les gendarmes. Crédit photo : Nantes Révoltée

Une nouvelle mobilisation d’ampleur contre les méga-bassines a eu lieu ce samedi 26 mars dans les Deux-Sèvres. Des photos d’armes inhabituelles entre les mains de gendarmes y ont été prises. Maxime Reynié, journaliste spécialisé dans le maintien de l’ordre, pense avoir identifié des lanceurs de cartouches à Produits Marquants Codés. 

La nouvelle mobilisation des opposants aux méga-bassines a rassemblé des milliers de personnes dans les Deux-Sèvres. Des habitants, paysans, syndicalistes, naturalistes, militants du climat dénoncent un accaparement de l’eau par l’agro-industrie, À noter une forte présence policière, avec pas moins de 1500 gendarmes engagés. Des affrontements ont ponctué le rassemblement pendant une heure.

Des armes inhabituelles ont été prises en photo entre les mains des gendarmes sur place. Maxime Reynié, journaliste à Politis et fondateur d’un site dédié au maintien de l’ordre (https://maintiendelordre.fr/, actuellement en maintenance) pense avoir identifié l’arme en question, déjà à l’essai pendant l’été 2021 selon le ministère de l’Intérieur. Il s’agirait d’un lanceur de cartouches contenant des Produits de Marquage Codés (PMC), qui laissent des traces indélébiles sur des individus pour pouvoir les repérer plus tard aux rayons ultraviolet.

 « Hier lors du rassemblement Bassines Non Merci, les gendarmes étaient équipés de lanceurs paintball pour marquer les manifestants touchés. », peut-on lire sur le compte Twitter du journaliste.

 Selon lui, le modèle utilisé serait un EMEK EMF100. L’utilisation de cartouches non-marquantes est à exclure, puisque « Gérald Darmanin a indiqué que cette option est écartée en raison des lésions susceptibles d’être occasionnées par ce type de munitions et du manque de précision sur les cibles lointaines. » « Pas d’informations sur les munitions pour le moment, mais il pourrait s’agir de munitions comme celles de SelectaDNA, une entreprise britannique déjà présente en France. », conclut-il.

Déjà le 15 mars le collectif d’avocats corses « Sustenu Ghjuventu », formé pour la défense juridique des jeunes blessés et interpellés pendant les blocages et manifestations qui ont suivis l’agression d’Yvan Colonna en Corse, envoyait une lettre au procureur s’interrogeant sur l’utilisation de PMC à l’entrée d’un lycée d’Ajaccio.  

Cette technique répressive supplémentaire est souvent brandie par le ministère de l’Intérieur comme menace contre les manifestants après certaines manifs agitées. Fin mars 2019 la police nationale assurait n’avoir encore eu recours aux PMC en manifestation. Les PMC peuvent être aussi utilisés soit dans des canons à eau, soit dans des sprays, et il en existe deux types. Le premier marque pendant plusieurs heures, le second peut rester sur la peau pour plusieurs semaines, sur les cheveux pour six mois, et les habits sont quant à eux marqués à vie.

L’usage de PMC en maintien de l’ordre est-il en passe de devenir monnaie courante ?


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