Politique
Analyse 22 mars 2022

Dissolution de la GALE : et maintenant, à qui le tour… ?

Image d'illustration

Ca y est, c’est acté : après la dissolution de divers groupes d’extrême droite et d’associations considérées comme islamistes, c’est logiquement le mouvement révolutionnaire qui est visé. Dissolution du collectif Palestine Vaincra, menaces pesant sur le média indépendant Nantes Révoltée, et aujourd’hui procédure visant le Groupe Antifasciste Lyon et Environs s’enchaînent.

Disons-le d’emblée, ce tournant ne nous surprend pas. Dans un contexte où l’extrême droite dépasse les 30% cumulés dans les sondages, avec un président sortant annonçant des mesures terribles pour le prochain quinquennat, cette répression était attendue. Le pouvoir peut ainsi tirer un trait d’union entre les « extrêmes » : fascisme, antifascisme, tout cela se vaudrait. La droite est rassurée, pour chaque groupe néonazi interdit, ce sera un groupe antinazi, un collectif internationaliste ou un média qui tombera.

Comme si l’activité des groupes nationalistes accumulant les armes et préparant activement la guerre civile était de la même nature subversive que le militantisme solidaire ou le droit à l’information. De tels parallèles en disent long sur la vision de la démocratie que promeut la macronie, profitant des crises et de la guerre pour supprimer, interdire, dissoudre, sans même l’apparence d’un débat public. L’assassinat par balle du rugbyman Federico Martin Aramburu par le militant d’extrême droite Loïk Le Priol ce dimanche 20 mars 2022 vient tristement rappeler le danger bien réel posé par cette mouvance.

A l’heure ou tout regroupement politique refusant le cadre du pouvoir risque d’être visé par une procédure de dissolution, il nous faut donc rappeler que cette situation pouvait être anticipée. Les appels à l’Etat et à sa justice pour supprimer les groupes fascistes finissent par se retourner contre leurs auteurs. Ceux qui ont applaudi la disparition de Génération Identitaire sur des bases juridiques vagues plutôt que suite à une réelle mobilisation populaire voient aujourd’hui les mêmes procédures pleuvoir sur leur camp. Et aucun groupe ne devrait se croire naïvement à l’abri, car la répression va aller en s’accentuant. Seul le développement de nos réseaux, de notre implantation, de notre activité – même légale, pourront permettre de résister et de contre-attaquer dans le futur.


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