Social
Reportage 21 janvier 2023

L’assemblée « Montpellier contre la vie chère » appelle à organiser le blocage du pays

A la manif-monstre du 19 janvier sur Montpellier. Crédit photo : Mathieu Le Coz

Une nouvelle assemblée contre la réforme des retraites, la vie chère, la réforme de l’assurance chômage et les diverses attaques anti-sociales du gouvernement Macron a eu lieu ce vendredi 20 janvier. L’objectif principal des participants : proposer une assemblée générale à la fin de la prochaine manif interpro du 31 janvier, pour « organiser le blocage du pays »

Ils étaient une quinzaine dans la soirée du 20 janvier à se retrouver au local associatif Le Barricade, au lendemain d’un raz de marée contre la réforme des retraites. Les activistes de l’assemblée ouverte Montpellier contre la vie chère entendent bien ne pas laisser les directives nationales des confédérations syndicales décider seules de la suite des événements.

Si tout le monde partageait un enthousiasme franc pour l’immense mobilisation populaire qui a jeté entre 1,5 et 2 millions de personnes dans la rue ce jeudi 19 janvier, et environ 25 000 pour Montpellier seule, les mots se seront faits plus durs pour qualifier la stratégie des directions syndicales d’appeler à une prochaine journée de grève interprofessionnelle pour le 31 janvier seulement. Les arguments avancés, à savoir la nécessité de construire un rapport de force sur le long terme dans l’unité syndicale, c’est à dire avec une CFDT préférant la pression au blocage, ne convainquent qu’assez peu.

En conséquence, les participants comptent s’organiser pour étendre la lutte sociale en cours. L’assemblée, composée de militants anticapitalistes, d’anciens gilets jaunes et de personnes d’autres horizons, renforcés par une poignée de nouvelles tête, ouverte à toute personne désireuse de lutter contre les attaques sociales qui pleuvent en ce moment, n’en a pas que contre la réforme des retraites. Réforme de l’assurance chômage, vie chère et crise de l’énergie : les raisons sont nombreuses pour jeter ses forces dans la grande bataille sociale qui démarre. Sur les chapeaux de roue, puisque la mobilisation du 19 janvier est une des plus massives de ces trente dernières années.

Une assemblée générale sera donc organisée à la fin de la prochaine manif interpro du 31 janvier (plus d’infos communiquées sur cette page Facebook prochainement). Le mot d’ordre en est simple : « Organisons le blocage du pays ! ». Syndiqués et non-syndiqués, gilets jaunes, citoyens en colère, révoltés : tout le monde y sera bienvenu pour discuter des suites à donner aux événements. Entre temps, les participants ont l’intention d’être aux aguets des premières mobilisations montpelliéraines, prêts à aller tisser des liens de solidarité.

Les syndicats du pétrole réunis au sein de la FNIC-CGT ont déjà proposé un plan de bataille indépendant des dates de grèves intersyndicales : une grève de 48h les 26 et 27 janvier, puis 3 jours à partir du 6 février, à l’issue desquels ils proposeront aux salarié.e.s l’entrée en grève reconductible illimitée. L’agenda proposé est suivi par la puissante fédération CGT de l’énergie (FNME-CGT). Le 26 janvier sera une journée de grève nationale à l’appel de la CGT Ports et Docks. Les quatre syndicats représentatifs à la SNCF (CGT, SUD, CFDT, UNSA) se réunissent ce lundi 23 dans l’après-midi pour décider d’une amplification de la grève. Dans l’Éducation Nationale, Sud Éducation et la CGT penchent pour une grève reconductible à partir du 31, sans que la FSU, majoritaire, ne ce soit encore formellement prononcée. De plus, des comités d’actions autonomes des directions syndicales commencent à se former dans plusieurs villes de France.

Selon l’INSEE, la grève historique de 1995 qui avait fait reculer Alain Juppé sur son projet de réforme des retraites avait coûté à l’économie française 0,2 point de PIB sur le quatrième trimestre ( entre 0,1 et 0,2 point de PIB pour le moment fort de la lutte contre celle du gouvernement Sarkozy en 2010, un peu moins de 0,1 point de PIB sur le deuxième trimestre 2018 pour la longue grève intermittente des cheminots au printemps 2018, et entre 0,1 à 0,2 point de PIB sur le quatrième trimestre 2019 pour la première tentative avortée du gouvernement Macron, toujours sur les retraites.) A titre de comparaison le mouvement des gilets jaunes avait coûté un point de PIB sur un trimestre fin 2018, au plus fort du mouvement, sans aucune grève.

Conclusion : à l’heure où de nombreuses personnes ne sont pas en mesure ou ont des difficultés à se mettre en grève (chômage, précarité, isolement au travail), rappelons nous que les actions de blocage des flux peuvent avoir tout autant d’impact que les grèves, pour peu que le monde soit au rendez-vous ! Autre bonne nouvelle : la résignation ne semble pas au rendez-vous, puisqu’un sondage Odoxa – Backbone Consulting réalisé pour Le Figaro et publié ce vendredi 20 janvier avance que 60% des français seraient optimistes quant à la capacité du mouvement social d’imposer à minima des concessions conséquentes au gouvernement.


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