PoliceJustice
Reportage 22 octobre 2020

Le Département socialo a fait raser à coup de bulls et de menottage la nouvelle Maison de l’Ecologie

Robocops et engins de chantier ont anéanti, ce jeudi matin, en toute illégalité, la M.E.R., Maison de l’Ecologie et des Résistances, qui gênait l’avancée destructrice du L.I.E.N., autoroute dans les garrigues, imposée par les caciques de la majorité socialiste du Conseil départemental. Trois des occupants auraient été placés en garde à vue.

Ce jeudi 22 octobre à l’aube, plusieurs dizaines de robocops ont pris place à l’entour de la M.E.R., à un jet de caillou de la route départementale qui relie, via les garrigues, les localités de Grabels et de Saint-Gély-du-Fesc, au nourd-ouest de Montpellier. Une dizaine d’occupant.es avaient passé la nuit sur place. Totalement disproportionné, le rapport de force s’est vite soldé par leur sortie forcée des lieux, et leur conduite, pour auditions, dispersé.es dans plusieurs gendarmeries des environs de Montpellier, de manière à mieux isoler chacun.e. Quoique sans véritable déchaînement de violence, l’opération s’est aussi traduite par l’interpellation, le menottage et la mise en garde à vue de trois militants de cette ZAD naissante.

Les membles du collectif Oulala, à l’initiative de cette occupation militante, ont immédiatement dénoncé l’illégalité de l’action conduite par les forces de l’ordre. Ce que corroborait leur avocate, Sophie Mazas, qui nous indiquait : « Au-delà des huits jours du délai de flagrant délit, seule un jugement de justice peut autoriser l’expulsion. Une fois de plus, nous sommes dans un pays où le Préfet, et les commandants de gendarmerie, décident de se mettre au service, non de l’application de la loi, mais des intérêts d’un protagoniste particulier ».

Lequel est, dans ce cas, le Conseil départemental de l’Hérault, qui porte activement le projet du L.I.E.N., cette bretelle routière contournant le nord de Montpellier, déjà parvenue au niveau de Saint-Gély-du-Fesc, et devant continuer de massacrer les garrigues jusqu’à Bel-Air. La maison évacuée ce jeudi matin était devenue, par expropriation, propriété du Département, située pile sur le trajet dont le débroussaillement est largement entamé sur les côteaux environnants. Les militants à l’initiative de l’occupation, et de l’installation d’une Maison de l’Ecologie et des Résistances, dénoncent le L.I.E.N. comme « emblématique d’une gestion des espaces totalement obsolète. Il s’agit de considérer la circulation automobile comme prioritaire sur toute autre considération. On tourne le dos à la réduction drastique dont la circulation automobile doit impérativement faire l’objet, au profit des transports en commun et déplacements doux ».

Ce jeudi matin, outre trois engins de chantier qui ont anéanti la M.E.R. en un instant, dès que vidée de ses occupants, on notait la présence de plusieurs véhicules floqués du logo du département de l’Hérault, avec à leur bord divers responsables de cette entité. On ne sait si ce mode de communication, désastreuse en termes d’image politique, a été sciemment réfléchie. Le déroulé des faits dit en tout cas la frayeur du système post SFIO vermoulu qui gouverne ce département, selon des schémas passéistes de notables de chefs-lieux de canton. L’anti-écologie, le déni démocratique, l’abus d’autorité, le recours à la violence destructrice, doivent leur être rattachés.

La M.E.R. s’était implantée dans les premiers jours d’octobre, avec un mélange d’enthousiasme et d’efficacité organisationnelle, qui portait la marque du mouvement climat, dans son optique la plus déterminée de résistance au système. Vite, ce nouveau lieu est apparu de plus en plus attractif. Et une première journée portes ouvertes devait, samedi prochain, assurer son ancrage public élargi. Sa destruction est survenue juste avant qu’il ait atteint sa pleine solidité et maturité.

Entre autres conséquences, et déjà instruits des pirouettes des alliés EELV, avaleurs de toutes les couleuvres de Michaël Delafosse à la tête de la Métropole, on suivra désormais avec attention les ratiocinations prochaines des apparitchiks écologistes de salon, dont seul le bon vouloir est susceptible de sauver la tête de Kleber Mesquida et son système socialo décomposé, lors des prochaines élections départementales.

Vers dix heures auprès de Grabels ce jeudi, on voyait un énorme engin de chantier provenir du terrain de la M.E.R. devenu champ de ruines, pour poursuivre sa journée de travail sur le chantier du L.I.E.N. juste au-dessus, comme si de rien n’était, au terme d’une anecdote sous les yeux de socialos en gabardine. Comment traduire le sentiment d’une logique de bulldozer implacable, monstre devant tout détruire sur son passage, aussi bien le vivant ce matin sous la bruine, que l’initiative politique des défenseurs du vivant.


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