Les policiers en cause dans la mort de Mohamed Gabsi renoncent à faire appel de leur placement sous contrôle judiciaire

Le Poing Publié le 2 février 2021 à 13:34 (mis à jour le 2 février 2021 à 13:38)
Cour d'Appel de Montpellier

Au tout dernier moment, les policiers mis en cause dans la mort de Mohamed Gabsi ont renoncé à faire appel de la décision de justice qui les place sous contrôle judiciaire en attente de leur procès. Quelques dizaines de personnes étaient ce matin devant la Cour d’Appel de Montpellier avec le collectif Justice pour Mohamed.

Le 8 avril 2020, Mohamed Gabsi meurt peu après son interpellation par la police municipale de Béziers pour non-respect du couvre-feu. Le 4 juin le journal d’investigation Le d’Oc révèle un rapport d’autopsie confirmant la mort par asphyxie. A la mi-décembre, un article du Parisien accable les policiers et contredit leur version des faits. L’un des policiers aurait déclaré à Mohamed Gabsi peu avant sa mort : « Je vais te faire dormir ».

Ces témoignages, versés au dossier d’instruction, ont vraisemblablement précipité la mise en examen de plusieurs des agents présents ce soir-là. Trois d’entre eux sont mis en examen et placés sous contrôle judiciaire dans l’attente d’un procès, avec interdiction d’exercer et de porter une arme. Deux policiers sont accusés de « non-assistance à personne en danger », le troisième de « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Une audience était prévue ce matin du 1er février à la Cour d’Appel de Montpellier, les trois agents, pourtant libres, contestant le contrôle judiciaire. Houda Gabsi, sœur de la victime, était elle aussi convoquée à cette occasion. Et le collectif de soutien Justice pour Mohamed appelait à un rassemblement dans la matinée devant le bâtiment.

Soulagement parmi les quelques dizaines de soutiens présents : au tout dernier moment, les trois policiers renoncent à faire appel ! Décence minimale de dernière heure, ou peur que les mesures de justice soient aggravées avant le procès ? Une Cour d’Appel peut effectivement aggraver une décision prise en première instance.

Rappelons que dans de nombreuses affaires graves impliquant plusieurs personnes, la détention provisoire est souvent plaidée pour empêcher une consultation entre les accusés. Les trois policiers y avaient échappé en première instance, alors même qu’ils ont déjà produit des témoignages qui ne concordent pas du tout avec ceux récoltés par la suite auprès de témoins présents lors de cette tragique soirée du 8 avril. 

Le collectif Justice pour Mohamed organise tous les huit du mois un hommage à Béziers

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