PoliceJustice
En Bref 26 février 2022

Libération de trois manifestants en prison depuis le 12 février à Montpellier, sous contrôle judiciaire

Mobilisation devant la prison de Villeneuve-lès-Maguelone en soutien aux trois manifestants emprisonnés suite à l'appel national à manifester à Montpellier contre la vie chère et le pass sanitaire, le 12 février.

Les trois manifestants placés en détention provisoire à l’issue de la manif nationale montpelliéraine du 12 février ont été libérés sous contrôle judiciaire ce vendredi 25 février.

La décision prise le 14 février par le tribunal de Montpellier était particulièrement répressive : trois manifestants interpellés pendant la manif du 12 février avait été placés en détention provisoire en attente de leur procès le 28 mars. Pour rappel lors d’un passage en comparution immédiate et s’il décident de demander un report pour la préparation du procès, le tribunal statut sur le sort réservé aux prévenus. L’idée étant de s’assurer qu’ils viennent à l’audience future. Et non pas de punir, puisque le procès n’a pas eu lieu à ce stade. Ca, c’est la théorie.

En pratique, les trois avaient été emprisonnés, malgré de solides garanties de représentation [NDLR : des preuves d’une certaine stabilité, familiale, professionnelle par exemple, qui assure que les accusés ne prendront pas la poudre d’escampette] et le déni d’un d’eux. Au Poing on ne se réjouit jamais que qui que ce soit atterrisse en prison (hmm, concernant les Balkany…), mais cette décision nous a parue marquer une étape supplémentaire dans la radicalisation de l’institution judiciaire, prête à exercer des violences de plus en plus arbitraires et conséquentes sur des pans de plus en plus larges de la population.

De la même manière l’avocat des prévenus, Maître Codognès, pourtant habitué à défendre les prévenus du mouvement social et peu soupçonnable de sympathies pour sa répression, s’était vu amené à plaider un contrôle judiciaire avec interdiction de manifester pour éviter la prison à ses clients. Alors même que ces mesures d’interdiction de manifs étaient pratiquement inexistantes il y a à peine trois ans et demi, avant les gilets jaunes…

La décision de justice du 14 février avait été condamnée par l’Observatoire des Libertés Publiques et des Pratiques Policières, la Ligue des Droits de l’Homme, qui rappelaient dans un communiqué que “tant qu’une affaire n’est pas jugée sur le fond, la liberté doit être la règle et la détention l’exception”. De son côté l’Assemblée Générale contre les violences d’état et pour les libertés de Montpellier, dénonçant aussi la décision, avait appelé dans la foulée, le 19 février, à une casserolade de solidarité avec tous les prisonniers devant la Maison d’Arrêt de Villeneuve-les-Maguelone.

Maître Codognès ayant fait appel des décisions du 14 février, une nouvelle audience se tenait ce vendredi 25 février. A l’issue de laquelle la libération des trois prévenus a été décidée. Ils seront donc placés sous contrôle judiciaire en attente de leur procès, le 28 mars.


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