Ligne Lyon-Turin : plus de 4000 manifestant.e.s pour une mobilisation neutralisée par la police

Le Poing Publié le 19 juin 2023 à 13:26 (mis à jour le 19 juin 2023 à 13:31)

Plus de 4000 manifestant.e.s, italienn.e.s et français.e.s, se sont retrouvés ce samedi 17 juin dans la vallée de la Maurienne pour une manifestation contre le projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin, dénoncé par les opposants pour ses effets néfastes sur l’environnement. Malgré une interdiction de manif et un dispositif policier très imposant, la mobilisation s’est étalée sur toute la journée.

Menaces sur les ressources en eau et les terres agricoles, artificialisation des sols : les effets néfastes du projet de ligne ferroviaire Lyon-Turin sont dénoncés depuis de nombreuses années par les opposants, écologistes, paysan.e.s, organisations de gauche et habitant.e.s des vallées concernées, tant sur le versant italien des Alpes que côté français.


Ce week-end des 17 et 18 juin est donc dédié à la mobilisation dite ‘’No-Tav’’. Avec une grande manifestation internationale samedi 17, et une journée d’ateliers, assemblées et autres promenades naturalistes le dimanche. 


Ce samedi 17 juin, la manifestation internationale contre le Lyon-Turin s’est élancée dès la fin de mâtinée du fond de la vallée de la Maurienne. Malgré un important dispositif policier, avec des saisies de matériel (pansements, bouteilles de gaz, foulards) dénoncées par les Soulèvements de la Terre, malgré de nombreux cars d’opposants immobilisés à la frontière franco-italienne, au niveau du Tunnel du Fréjus, plus de 4000 personnes étaient de la partie, à la suite d’une grande outarde bleue désignée comme mascotte de la mobilisation. 


Très vite, en essayant de s’approcher du chantier, la manifestation, interdite par la préfecture jeudi 15 juin après 23h, est venue buter sur des cordons de gendarmes mobiles. Après plus d’une heure d’attente et des négociations infructueuses pour un nouveau parcours menées par les élu.e.s présent.e.s et les organisations à l’initiative du défilé, une tête de cortège offensive aura fini par perdre patience, s’avançant vers la zone interdite. Ce qui déclenchera des tirs nourris de gaz lacrymogènes de la part de la police. S’ensuivront presque deux heures d’affrontements d’intensité variable. 


N’étant pas parvenus à percer les barrages de casqués, le gros des manifestant.e.s finira par reculer vers le camp de base. Certain.e.s ont tenté une traversée sauvage de l’Arc, la rivière qui sépare le lieu de la mobilisation de l’autoroute de la Maurienne : après une demi- heure de blocage de l’axe routier, les voilà à nouveau délogés par les forces de l’ordre.


Au bilan, on retiendra une mobilisation particulièrement importante sur le sujet, d’habitude beaucoup plus investie côté italien que côté français. Mais celle-ci n’aura malheureusement pas réussi à déjouer une répression policière toujours aussi intense. 


Le défilé est resté bloqué à quelques centaines de mètres de son point de départ. Plus de 25 manifestant.e.s ont été blessé.e.s pendant l’événement, dont 3 assez grièvement. Si les forces de l’ordre n’ont pas fait usage de Lanceur de Balle de Défense (LBD), les gaz lacrymogènes, les grenades désencerclantes et explosives, ont été lancées en masse sur la foule. Y compris dans les situations les plus dangereuses, comme pendant la traversée de la rivière par certain.e.s manifestant.e.s. 

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