Montpellier : l’association qui gère les Internationales de la guitare convoquée à la barre

Elian Barascud Publié le 8 avril 2026 à 18:50 (mis à jour le 8 avril 2026 à 18:52)
La façade de la Chambre régionale des comptes Occitanie - CRC Occitanie (capture d'écran)

L’association Confluences et son directeur général passeront le 14 avril devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes. Une audience qui fait suite à un rapport de la Chambre régionale des comptes d’Occitanie publié en 2024, particulièrement sévère sur la gestion de la structure organisatrice des Internationales de la guitare

La musique va devoir s’arrêter, le temps d’une audience. L’association Confluences, qui organise depuis 1994 le festival des Internationales de la guitare à Montpellier, comparaîtra le 14 avril prochain devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes. En cause : les conclusions d’un rapport d’observations définitives rendu par la Chambre régionale des comptes d’Occitanie après contrôle des exercices 2018 à 2022.

Le document dresse un tableau accablant de la gestion de l’association et de son directeur général, Talaat El Singaby — fondateur historique de la structure, qui en fut également président pendant sept ans avant d’en devenir le salarié en 2002. Vingt ans plus tard, la CRC le qualifie de « dirigeant de fait » : il signe tous les contrats, gère les comptes, négocie les subventions, sans que le conseil d’administration n’exerce de contrôle effectif sur ses décisions.

Les griefs sont multiples. Sa rémunération, de 6 000 euros nets mensuels en 2018, dépasse largement le plafond légal applicable aux dirigeants de fait d’association. Une prime de départ à la retraite de 60 000 euros nets lui a été versée sans délibération du conseil d’administration. Le siège de l’association est loué depuis 2006 à une SCI dont il est le gérant et l’unique associé, pour 24 000 euros par an — là encore, sans vote de l’instance dirigeante. La chambre relève par ailleurs des flux financiers opaques avec la Région Occitanie, qui aurait subventionné l’association au-delà de son propre cadre réglementaire via une société tierce. Et les données de fréquentation communiquées aux financeurs publics sont jugées « dépourvues de fiabilité ».

La chambre avait formulé cinq recommandations. Pour chacune d’elles, le verdict était le même : « non mise en œuvre. » C’est désormais aux magistrats du contentieux de jouer.

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