Montpellier : mobilisation dans la fonction publique pour une “économie de paix”

Elian Barascud Publié le 3 avril 2025 à 15:49
Quelques centaines de personnes ont manifesté pour la défense des services publics à Montpellier le 3 avril. ("Le Poing")

Quelques centaines de personnes ont manifesté à Montpellier ce jeudi 3 avril à l’appel de plusieurs organisations syndicales (CGT, FSU, UNSA…) pour dénoncer des coupes budgétaires dans les services publics, notamment au profit de l’économie de guerre

Les organisations syndicales ayant appelé à une “mobilisation” plutôt qu’à une grève, c’est entre midi et deux que plusieurs centaines de personnes se sont réunies sur la Place de la Comédie dans le cadre d’une journée nationale pour la défense des services publics.

Pour Serge Ragazzacci, secrétaire général de l’Union Départementale CGT Hérault, les discours gouvernementaux sur la dette et l’économie de guerre, face aux tensions à l’international, servent avant tout à “mener des attaques sur les services publics et les fonctionnaires”. “On préfèrerait qu’on nous parle d’économie de paix. Quand la présidente de la Région Carole Delga annonce une enveloppe de 200 millions d’euros pour soutenir l’industrie de la défense en Occitanie, nous on propose de rouvrir des lignes de chemin de fer. On a chiffré le projet, ça ne couterait que 30 millions d’euros, ça créerait de l’emploi et ça serait bon pour la planète. On va faire des propositions pour une économie de paix plutôt qu’une économie de guerre”, explique le responsable de la CGT héraultaise.

Et à l’heure ou Donald Trump vient d’annoncer une hausse des droits de douanes pour les produits étrangers arrivant sur le sol américains, Serge Ragazzacci plaide pour une reprise en main de la production à l’échelle nationale : “Le gouvernement nous parle sans cesse de souveraineté et d’indépendance, alors arrêtons de dépendre du commerce extérieur et investissons dans l’industrie et les services publics ici en France. Au lieu de ça on assiste à 300 000 licenciements dans l’industrie, alors que les grandes entreprises ont profité de 230 milliards d’euros d’aides de l’État et que les dividendes explosent…”

Concernant le dossier des retraites, Serge Ragazzacci persiste : “François Bayrou a menti en nous disant que l’on pouvait discuter sans totem ni tabou sans pour autant vouloir revenir sur l’âge de départ à 62 ans au lieu de 64 ans. De l’argent il y en a, on le voit bien en ce moment. Nous, à la CGT, on a des idées : 9% des revenus des salariés, versés sous forme de primes, ne sont pas soumis à cotisations. Et instaurer une réelle égalité salariale entre les hommes et les femmes permettrait d’augmenter ces cotisations.”

Les syndicats dénoncent également la réduction de 10% des indemnités des fonctionnaires en cas d’arrêt maladies. Ils demandent des investissements dans les services publics et une revalorisation de la valeur du point d’indice. Des prochaines dates de mobilisations sont prévues en mai.

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