Montpellier : Une mère et sa fille expulsées en pleine canicule, quatre jours après un rendez-vous en préfecture

Elian Barascud Publié le 10 juillet 2026 à 09:57
Les associations mobilisées réclament un accueil ouvert jour et nuit, alors que 34 personnes sont mortes dans la rue à Montpellier en 2025. ("Le Poing")

Le 7 juillet, une mère et sa fille de 17 ans ont été expulsées de leur hébergement dans l’Hérault par les forces de l’ordre, alors que le département est en vigilance orange canicule. Le DAL Montpellier et le Collectif citoyen contre le sans-abrisme dénoncent une décision intervenue quatre jours seulement après une rencontre avec la préfecture, durant laquelle leur situation avait été explicitement évoquée

Le 2 juillet, une délégation du DAL Montpellier et du Collectif citoyen contre le sans-abrisme était reçue en préfecture, après un rassemblement du 30 juin devant ladite préfecture de l’Hérault. Durant cet entretien avec le directeur de cabinet du préfet, les associations avaient notamment alerté leurs interlocuteurs sur la situation d’une mère et de sa fille de 17 ans, scolarisée dans un lycée montpelliérain, présentées comme particulièrement vulnérables. Les représentants de la préfecture s’étaient montrés attentifs et avaient demandé des éléments complémentaires.

Quatre jours plus tard, le 7 juillet, cette même préfecture organisait leur expulsion avec le concours de la force publique.Les deux femmes se retrouvent aujourd’hui sans solution d’hébergement, par des températures avoisinant les 40 °C. Selon les associations, une solution était en voie d’être trouvée et un délai de moins de trois mois avait été demandé. « Rien ne justifiait qu’une expulsion intervienne dans l’urgence, en pleine période de canicule », écrivent-elles dans leur communiqué, publié le 9 juillet.

Le DAL et le collectif dénoncent également les conditions de l’intervention : au cours de l’expulsion, la jeune fille aurait été emmenée par les forces de l’ordre sans que sa mère en soit informée. Les deux ont pu être réunies par la suite.

Ce que la préfecture a dit, et ce qu’elle a fait

La rencontre du 2 juillet avait aussi permis aux associations d’obtenir des précisions sur la politique d’hébergement à venir. Elles n’ont guère rassuré. Le directeur de cabinet du préfet leur aurait confirmé que la réduction nationale des places d’hébergement d’urgence serait appliquée dans l’Hérault, sans création de places pérennes ni objectif annoncé en matière d’hébergement durable. Leur demande d’ouverture d’un centre accessible 24h/24 jusqu’en septembre n’a pas été retenue, même en cas de passage en vigilance rouge. La préfecture prévoit uniquement l’ouverture d’une salle en journée pour les personnes sans-abri les plus vulnérables en cas de vigilance orange. Le directeur de cabinet s’est en revanche engagé à étudier la proposition d’ouvrir les parcs la nuit lors des épisodes de fortes chaleurs.

Pour les associations, l’expulsion du 7 juillet illustre les contradictions d’une politique qui reconnaît les risques liés aux fortes températures tout en réduisant les capacités d’hébergement.

Les demandes des associations

Le DAL Montpellier et le Collectif citoyen contre le sans-abrisme demandent la mise à l’abri immédiate de la mère et de sa fille dans un hébergement adapté, des explications sur les conditions de l’expulsion, et l’arrêt de la réduction des places d’hébergement d’urgence. Ce cas s’inscrit dans un contexte que les deux organisations documentent depuis plusieurs mois : 34 personnes sont mortes dans la rue à Montpellier en 2025, et le nombre de personnes sans domicile dans la métropole est estimé à au moins 1 000.

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