Montpellier. Acte X : les gilets jaunes chaleureusement accueillis à la Paillade

Jules Panetier Publié le 20 janvier 2019 à 16:59 (mis à jour le 26 février 2019 à 17:03)
Une centaine de gilets jaunes de Montpellier et environs se sont retrouvés à La Paillade ce samedi 19 janvier à 13 heures alors que le marché battait encore son plein sous les halles et aux alentours. Ils se sont ensuite dirigés vers le centre commercial Saint-Paul avant de retourner descendre le Grand mail jusqu’au terminus de la ligne 3 du Tram, et rejoindre le rassemblement plus habituel sur la Comédie.

Petits cercles de conversation, grand concert de klaxons, selfies à la tonne, gens aux fenêtres, certains brandissant un gilet jaune. L’accueil fut de bout en bout chaleureux, comme s’il s’agissait de se faire du bien, réciproquement, entre gens du quartier, et visiteurs en jaune. Or la chose n’était pas évidente, après tout.

La limitation du temps de parole à trois minutes en assemblée générale, le dimanche précédent, n’avait pas du tout laissé de place à une discussion approfondie sur cette initiative, visant à « aller à la rencontre de travailleurs pauvres, là où ils vivent, dont beaucoup ne font pas le pas de rejoindre le mouvement ». Intention excellente. Mais qu’en serait-il de sa réalisation ?

Jusqu’à vendredi soir sur les réseaux sociaux, on lisait des messages demandant si cette initiative était oui ou non maintenue. Et encore sur place, au début, on entendait les craintes d’un jeune participant : « ça donne quand même l’impression de faire un genre de tourisme militant ». De fait, bien des questions demeurent en suspens, sur la manière d’ancrer les choses sur le terrain dans la durée. Sans doute aurait-on pu se déplacer dans des quartiers beaucoup plus tôt, de manière plus durable, voire en y suscitant des noyaux constitués.

En tous les cas, cette action vers La Paillade a eu le mérite d’être menée, et a permis de constater un fort capital de sympathie, inentamé. L’un de ses initiateurs nous expliquait : « Depuis le début j’ai été tous les jours sur le rond-point de Prés d’Arènes. Et je voyais bien que les plus fortes réactions de soutien, parmi les automobilistes, venaient de gens des quartiers, autant que je pouvais les reconnaître. D’où la proposition d’aller plus loin dans ce sens ».

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