Montpellier : une journée internationale des migrants sous le signe du logement
Environ 300 personnes ont manifesté dans les rues de Montpellier ce jeudi 18 décembre dans le cadre de la journée internationale des migrants. La question de l’accès au logement, à l’heure où une famille avec un bébé de vingt mois dort dehors à Montpellier, était au centre des revendications
Les lumières allumées de la préfecture laissent entrevoir du mouvement derrière les fenêtres, place des martyrs de la Résistance, alors que 300 personnes y défilent dans le cadre de la journée internationale des migrants, ce jeudi 18 décembre. La préfecture, justement, fait l’objet de critiques lors de la prise de parole de Cécile, militante du collectif Un toit un Avenir : “Par manque de moyens dans les préfectures, il devient difficile d’obtenir un rendez-vous pour demander un titre de séjour, de fait, L’état crée des situations d’irrégularité.”
Elle dénonce aussi une “chasse aux sans-papiers”, menées notamment via des “rafles” organisées les 18 et 19 juin derniers dans des gares par Bruno Retailleau, ex-ministre de l’Intérieur. Les organisateurs de la marche demandent la régularisation de tous les sans-papiers et la fermeture des centres de rétention administrative (CRA).
231 appels au 115 en deux heures et demi
Alors que le mois dernier, 35 personnes dont 15 enfants étaient expulsés de leur lieu de vie et ont dormi une semaine devant la mairie de Montpellier, et qu’une nouvelle famille, dont un bébé de vingt mois, qui vient d’arriver en France, est sans solution de logement, les collectifs à l’origine de la manifestations ont tenu à en faire une revendication-phare de cette journée.
“J’ai passé 231 appels au 115 en deux heures et demi avant d’avoir une réponse pour un hébergement d’urgence”, témoigne Thierry Lerch, co-président de la CIMADE Montpellier. “C’est inhumain, il faut plus de places, ou la réquisition des logements vides”, ajoute-t-il. Deux heures avant la marche, des travailleurs sociaux membres de la Coordination du social en lutte contre les coupes budgétaires s’étaient donnés rendez-vous devant la Direction Départementale l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) dans le cadre d’un mouvement de grève nationale, pour dénoncer justement les coupes budgétaires qui pèsent sur le secteur du social, et notamment l’hébergement d’urgence. Des coupes budgétaires qui pourraient bien s’accentuer en 2026.
Un rassemblement aura lieu ce dimanche à 14 heures devant la mairie de Montpellier pour soutenir la famille sans solutions de logement.
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