Le Poing gagne son procès contre un néonazi du Bloc montpelliérain
Le Poing a le cuir bien tanné : nous avons surmonté tous nos contentieux face à nos détracteurs. Le 19 décembre 2025, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris confirmait le sérieux de notre travail en relaxant notre rédaction, à la suite d’une plainte pour diffamation de Dorian M., néonazi du Bloc montpelliérain. Le procès du 21 octobre 2025 a donné tort au plaignant et à son avocat, Mathieu Sassi, star de l’extrême droite. Retour sur une délicieuse audience.
Posons le contexte : depuis plus de dix ans, Le Poing documente les méfaits de l’extrême droite à Montpellier, de la Ligue du Midi à Jeunesse Saint-Roch en passant par South Face ou les ultras. Nous nous sommes donc logiquement intéressés au Bloc montpelliérain, adepte du coup-de-poing. Le 1er juin 2024, le Bloc tabasse un syndicaliste au Festival des fanfares à Montpellier, qui écope de 42 jours d’ITT. Le Poing, bien informé, retrace les faits et mentionne que Dorian M. et Ongwé « Louis » L.G. font partie des personnes citées dans la plainte du syndicaliste. Dorian M. décide de porter plainte et saisit la justice pour faire supprimer notre article qu’il estime diffamant. Il réclame au passage 15 000 € à l’auteur de ces lignes, défendu par Maître Guillaume Martine.
L’audience est truculente. Entendre un jeune défenseur de la virilité blanche promettre que c’est une victime et qu’il n’a rien à voir avec les néonazis est assez cocasse, surtout quand une photo de l’intéressé, jointe au dossier, le montre en train de faire un salut hitlérien… Choisir Mathieu Sassi comme avocat est osé pour une telle stratégie. Il a défendu des prévenus impliqués dans l’expédition punitive à Romans-sur-Isère, dans des injures racistes contre Aya Nakamura ou dans une descente d’extrême droite à Bordeaux… Concernant cette affaire, sa plaidoirie insistait évidemment sur le fait que Dorian M. n’a pas été poursuivi pour le tabassage du syndicaliste.
De notre côté, nous avons maintenu toutes nos informations. Les juges ont considéré que nous avons fait « preuve de prudence dans [notre] expression », que nous pouvions « légitimement écrire que Dorian M. avait été reconnuin par la victime comme faisant partie du groupe qui l’a agressé » et, fait important, que « s’il est exact que [nous n’avons] pas cherché […] à recueillir la réaction de Dorian M., ce seul élément ne saurait suffire à écarter l’exception de bonne foi dès lors que la partie civile est présentée comme appartenant à un groupe violent ».
La requête de Dorian M. a été rejetée (et il n’a pas fait appel), mais le tribunal a refusé le remboursement de nos 1 800 € de frais d’avocat. Une raison de plus pour nous faire un don !
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