Le marathon judiciaire du gilet jaune nîmois Roland Veuillet continue

Elian Barascud Publié le 17 février 2026 à 15:25
La cour d’appel de Montpellier a décidé, ce mardi 17 février, de renvoyer au 15 septembre le procès de Roland Veuillet. ("Le Poing")

La cour d’appel de Montpellier a décidé, ce mardi 17 février, de renvoyer au 15 septembre le procès de Roland Veuillet. Une nouvelle étape dans un long feuilleton judiciaire entamé au début du mouvement des gilets jaunes. Poursuivi pour plusieurs infractions liées à des manifestations, le militant nîmois dénonce une procédure politique et continue d’assurer seul sa défense

Dans la salle de la Cour d’appel de Montpellier, les soutiens de Roland Veuillet soupirent à l’annonce d’un nouveau renvoi. Ce mardi 17 février, la juridiction a décidé de reporter l’examen du dossier au 15 septembre prochain. Un délai supplémentaire dans ce qui s’apparente désormais à un véritable marathon judiciaire pour cette figure des gilets jaunes nîmois.

Depuis 2018, Roland Veuillet a enchaîné les procédures : 15 gardes à vue, une dizaine d’amendes, des contrôles judiciaires stricts et plusieurs comparutions. Il a notamment été poursuivi pendant le mouvement des gilets jaunes pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, entrave à la circulation, refus de dispersion, outrage, port d’objet assimilé à une arme – un tournevis – ainsi que pour dénonciation calomnieuse et intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique après avoir déposé plainte contre des policiers.

En juillet 2020, il est condamné à douze mois de prison, dont six mois ferme, par le tribunal correctionnel de Nîmes. Il effectue plusieurs mois de détention, notamment après une révocation de contrôle judiciaire, avant d’être libéré à l’automne 2020. La condamnation est confirmée en appel, puis partiellement cassée en novembre 2021 par la Cour de cassation, qui annule certains chefs et renvoie l’affaire devant une nouvelle juridiction. C’est dans ce cadre que la cour montpelliéraine devait rejuger une partie du dossier.

Particularité de cette affaire : le militant comparaît sans avocat. Un choix contraint, assure-t-il, faute de moyens. « Si j’avais dû être accompagné d’un avocat à chaque audience depuis 2019, j’en aurais eu pour près de 40 000 euros », explique-t-il.

À la sortie de l’audience, Roland Veuillet maintient sa ligne de défense. « Je demande la relaxe car je considère que c’est politique. Je suis un militant, pas un délinquant, le tribunal n’a pas à juger d’une action militante. Il ne s’agit pas que de moi, mais d’un millier de gilets jaunes envoyés en prison. Quand on pense que Sarkozy n’a fait que 10 jours de prison, et que François Fillon n’y est jamais allé malgré toutes leurs affaires… »

Rendez-vous est désormais fixé au 15 septembre. Un épisode de plus dans une procédure qui s’étire depuis plus de sept ans.

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