Municipales 2026 : À Béziers, des proches de la Ligue du Midi sur la liste RN

Le Poing Publié le 20 mars 2026 à 14:06 (mis à jour le 20 mars 2026 à 15:24)
La mairie de Béziers. (Photo d'illustration sous licence creative commons, prise par Jorge Franganillo le 21 juillet 2019 - Flickr)

Battue dès le premier tour des municipales par Robert Ménard, la liste RN du député Julien Gabarron comptait en son sein deux profils liés au groupuscule identitaire de la Ligue du Midi. S’ils ne feront pas leur entrée au conseil municipal, leur présence illustre, une fois encore, les liens entre le parti de Marine Le Pen et les franges les plus radicales de l’extrême droite

Béziers, charmante ville de l’Hérault connue pour sa cathédrale, ses écluses sur le canal du Midi… et ses cinquante nuances d’extrême droite. Dans la sous-préfecture de l’Hérault, Robert Ménard a été réélu maire ce dimanche 15 mars avec 65,50% des voix. Face à lui, la liste du député RN Julien Gabarron a récolté 8,97% des voix. Sur celle-ci figuraient ce que l’on pourrait appeler des “brebis galeuses”, selon la formule désormais consacrée.

“Ligue du Midi Béziers”

Frédéric Lizé, candidat en cinquième position sur la liste du député RN, ne rentrera pas au Conseil Municipal. Ce cinquantenaire n’en n’est pas à son premier échec électoral : il a été candidat sous l’étiquette de la Ligue du Midi, groupuscule identitaire raciste et violent, aux élections régionales de 2010. La liste avait alors récolté 0,68% des voix. En 2018, Frédéric Lizé signait une tribune contre le Pacte de Marrakech sur les migrations, publiée sur le site du groupuscule. À côté de son nom, une mention explicite : « Ligue du Midi Béziers ». Parmi les autres signataires, Richard Roudier, fondateur de l’organisation. Contacté, Frédéric Lizé, n’a pas donné suite à nos sollicitations à l’heure où nous publions cet article.

Ce ne serait pas la seule personne proche de la Ligue du Midi sur des listes du RN. Au téléphone de nos confrères du Media Streetpress, Richard Roudier évoque plusieurs profils dans « des grandes villes du Gard et de l’Hérault ». « Ils ne sont pas totalement sur nos positions, en particulier sur l’identité mais il peut y avoir quelques petites accointances », dessine-t-il sur ce qu’il appelle des « compagnons de route » du parti lepeniste.

Jacqueline Quilès, quarante-huitième sur la liste de Julien Gabarron, en fait partie . Elle aussi est une habituée des élections. Candidate du Front national dès 1988 aux cantonales à Béziers, elle se présente ensuite aux législatives de 1997 sous l’étiquette du mouvement de Philippe de Villiers. Elle rejoint par la suite Jean-Claude Martinez, ancien cadre du FN, sur ses listes aux européennes de 2009 puis aux régionales de 2010, sous la bannière Force Vie. Ses liens avec la mouvance identitaire sont revendiqués. « On la connaissait bien », indique Richard Roudier à StreetPress, évoquant une rencontre dans une association de défense de l’Algérie française. L’épouse de ce dernier a également figuré sur une liste commune avec Jacqueline Quilès lors des sénatoriales de 2014.

Un entrepreneur à la jonction des droites extrêmes

Enfin, un autre nom apparaît plus loin dans la liste : Morgan Trintignant. Fondateur en 2020 du collectif identitaire des « Chemises blanches », il apparaît comme un profil de jonction entre différentes droites radicales. Entrepreneur à la tête de plusieurs bars à rhum, les « Barracuda », il est aussi engagé de longue date dans des réseaux d’extrême droite. StreetPress relève ainsi ses participations à des actions militantes, notamment avec le groupuscule Tenesoun, héritier du Bastion social, ou encore son implication dans des campagnes mêlant soutien au RN et à Éric Zemmour. En 2021, il est aussi aperçu à Arles aux côtés de militants allemands de l’AfD, distribuant des tracts pour le Rassemblement national lors des élections départementales en 2021.

Dans les colonnes de Midi Libre, Julien Gabarron vante les talents de businessman de Trintignant pour justifier sa présence sur sa liste : “Morgan a 12 établissements, des institutions, dans toute la France. C’est un vrai entrepreneur, cela fait longtemps qu’on se croise, j’ai toute confiance en son parcours d’entrepreneur. Il habite à Béziers depuis une dizaine d’années, ses deux fils sont nés à Béziers, sa femme travaille à Béziers.”

Contacté, Julien Gabarron n’a pas répondu à nos questions.

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