Frais d’inscription : des étudiants montpelliérains dans la rue pour la deuxième fois en deux semaines

Elian Barascud Publié le 12 mai 2026 à 15:07 (mis à jour le 12 mai 2026 à 15:25)
Plusieurs dizaines d'étudiants se sont rassemblés ce mardi midi devant le rectorat de Montpellier contre un projet de décret qui supprimerait la possibilité pour les universités d'exonérer les étudiants extra-communautaires de frais d'inscription majorés. ("Le Poing")

Plusieurs dizaines d’étudiants se sont rassemblés ce mardi midi devant le rectorat de Montpellier contre un projet de décret qui supprimerait la possibilité pour les universités d’exonérer les étudiants extra-communautaires de frais d’inscription majorés. Le même jour, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche émettait un avis largement défavorable

Ce mardi 12 mai, plusieurs dizaines d’étudiants se sont rassemblés devant le rectorat de Montpellier contre un projet de décret du gouvernement qui supprimerait la possibilité pour les universités d’exonérer les étudiants extra-communautaires de frais d’inscription majorés. Instaurés en 2019 par le plan « Bienvenue en France », ces frais atteignent jusqu’à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master — soit environ seize fois plus que pour les étudiants européens. Jusqu’ici, les établissements pouvaient choisir de ne pas les appliquer. L’Université de Montpellier et Paul-Valéry en ont fait le choix. Le projet de décret mettrait fin à cette liberté.

La mobilisation s’inscrit dans un mouvement national. À l’appel d’une intersyndicale de l’enseignement supérieur, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, à Paris devant le ministère et en région devant les rectorats. À Montpellier, c’est déjà le deuxième en deux semaines : le 30 avril, plusieurs dizaines de personnes s’étaient réunies devant la préfecture de l’Hérault.

La date n’était pas choisie au hasard. Le même jour, le CNESER — Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, instance qui réunit représentants des personnels, des étudiants et des établissements — se prononçait à Paris sur le texte. Son avis : 62 voix contre, 2 pour, 3 abstentions. Un verdict sans appel, mais qui reste purement consultatif, et donc sans conséquences sur l’avenir du projet de décret.

Mais pour les étudiants étrangers, les conséquences sont déjà bien réelles. Sacha, militant au Réseau Université sans Frontières, décrit ce qu’il observe à ses permanences : « Il y avait déjà la question de la suppression des APL pour les étudiants étrangers, les dossiers pour des titres de séjour en préfecture qui n’avancent pas faute de moyens humains, et maintenant ça. On voit de plus en plus d’étudiants étrangers en panique. Ils nous demandent des contacts de psychologues. Ce stress est un facteur d’échecs aux examens. »

Les conséquences potentielles dépassent, selon lui, le seul plan financier. « Beaucoup d’étudiants en L3 et M1 viennent nous voir en se demandant comment ils vont payer. Sans études, pas de situation régulière en France — ils risquent de se retrouver en centre de rétention. C’est aussi pour ça qu’on peine à les mobiliser : certains, de par leur situation administrative, ont peur de se retrouver face à la police. »

Floriane, militante au Poing Levé, inscrit la mesure dans un cadre plus large : « Ce sont les services publics qui paient les crédits de guerre de la loi de programmation militaire. Ces attaques contre les étudiants vont continuer. Nous devons nous coordonner pour préparer la rentrée avec un gros mouvement anti-impérialiste et anti-raciste. »

Les manifestants réclament le retrait du décret, l’abrogation de l’ensemble des frais différenciés et le rétablissement des aides sociales — APL et bourses — pour tous les étudiants quelle que soit leur nationalité.

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