Port de Sète : les remorqueurs déposent un nouveau préavis de grève

Elian Barascud Publié le 1 septembre 2026 à 11:05
Image d'illustration. Crédit : UL CGT Bassin de Thau

La CGT de la Compagnie de remorquage maritime de Sète (CRMS) a déposé un préavis de grève reconductible à compter du 10 septembre à midi, pour l’ensemble des salariés. Le syndicat pointe des incertitudes récurrentes sur la date de versement des salaires et réclame plusieurs primes, ainsi que la reconnaissance du caractère continu de son activité. Trois ans après le blocage du port d’octobre 2023, le dialogue avec la direction semble de nouveau grippé

Dans un communiqué daté du 31 août, le syndicat CGT de la CRMS annonce avoir déposé un préavis de grève reconductible à partir du jeudi 10 septembre à 12 heures. Le courrier, signé par le secrétaire général Christian Toulet, est adressé au directeur de l’activité portuaire et à la DRH du groupe, basés à Rouen. Il invoque « l’absence de réponses concrètes de la direction malgré plusieurs alertes », notamment en comité social et économique (CSE).

Premier grief, et pas des moindres : la paie. Selon le syndicat, les salariés doivent « s’interroger chaque mois sur la date à laquelle leur rémunération sera effectivement versée ». Le communiqué rappelle que les loyers et les échéances bancaires, eux, n’attendent pas, et demande un engagement clair de la direction sur les délais de versement.

L’autre revendication touche à l’organisation même du travail. La direction considère, d’après la CGT, que le remorquage sétois relève d’un régime de « discontinuité ». Le syndicat conteste : le port fonctionne 24 heures sur 24, toute l’année, et ne dépend pas des marées, contrairement à d’autres. Les navires entrent et sortent à toute heure, les équipages assurent une permanence pour la sécurité du trafic. La CGT demande donc l’ouverture de discussions sur la reconnaissance du caractère continu de l’activité, avec les droits qui vont avec. S’y ajoutent une augmentation de la prime de bout, une majoration ou une prime pour les manœuvres de nuit et le versement d’une prime de partage de la valeur (PPV).

Ce n’est pas la première alerte sur les quais. En octobre 2023, les remorqueurs, filiale du groupe TSM, avaient bloqué l’entrée du port pour obtenir des hausses de salaires et de primes. « C’est un ras-le-bol général », déclarait déjà Christian Toulet à l’époque. Trois ans plus tard, le ton reste mesuré mais ferme : le syndicat se dit « ouvert à la négociation », à condition que les discussions débouchent « sur des décisions concrètes et non sur de simples engagements reportés à une date ultérieure ».

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