Université Paul-Valéry : 77 cours d’anglais sans enseignant, et « pas de garantie » pour les étudiants
À quelques jours de la reprise, 77 unités de cours restent sans enseignant au sein du seul département d’études anglophones de l’université Paul-Valéry de Montpellier, confirme sa présidente Anne Fraisse, qui évoque un « sous-encadrement massif ». La situation serait comparable en cinéma ou en psychologie
« Voici la liste des cours qui restent actuellement à pourvoir. » Le courriel, envoyé en cette rentrée par la direction du département d’études anglophones (UFR 2) à ses collègues, et que nous avons pu consulter, tient plus de l’appel à l’aide que de la note de service. Rien que pour le semestre qui s’ouvre, il manque des enseignants pour au moins 27 TD et 11 TP d’anglais, en LEA, en LLCER et en anglais pour non-spécialistes (LANSAD). La liste du second semestre est tout aussi fournie. Consigne aux collègues : « N’hésitez pas à nous contacter rapidement. »
Contactée, la présidente de l’université Anne Fraisse ne conteste pas ces chiffres. « Il y a actuellement 77 unités de cours non pourvues », indique-t-elle à propos de ce seul département, décrivant un « sous-encadrement massif ». Un total cohérent avec le document interne : la liste jointe au courriel recense 76 groupes de TD et de TP sans enseignant sur l’ensemble de l’année, auxquels s’ajoutent des cours d’anglais pour non-spécialistes et des séances de remédiation. En clair, l’université n’a pas assez d’enseignants, et son « bassin de recrutement » de vacataires est trop étroit pour combler les trous. Une difficulté qu’elle présente d’ailleurs comme « une situation habituelle ».
Système D
Pour la rentrée, la présidence sort la boîte à outils du système D : des titulaires prendront en charge davantage de TD, des groupes d’étudiants seront fusionnés, donc plus chargés, et certains cours pourraient basculer à distance, « plus simple à organiser », selon Anne Fraisse. Avec une limite qu’elle assume : « Je ne peux pas garantir que tous les étudiants aient un prof devant eux à la rentrée. »
Le problème dépasse le seul département d’anglais. Sans avoir « encore fait de bilan précis », la présidente affirme que c’est aussi le cas dans des filières comme le cinéma ou la psychologie.En cause, selon elle : des effectifs étudiants qui augmentent d’année en année, quand « le ministère refuse de faire suivre les financements ».
Les étudiants du TD de civilisation britannique du mardi à 17h15, signalé « difficile à déplacer » dans le courriel interne, connaissent au moins leur horaire. Reste à savoir qui, ce jour-là, se trouvera face à eux. En chair et en os, ou en visio.
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