Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Compte rendu des ateliers de soutien psychologique pour les femmes 26 Juillet et 27 Juillet
27 juillet 2026Quand la tente tente de redevenir un foyer
Les relations familiales dans le contexte du déplacement : au camp d’Al-Durra à l’ouest de Deit al-Balah
Une légère brise faisait bouger les extrémités des bâches, les voix des enfants se glissaient entre les passages étroits, tandis que l’odeur du café s’élevait d’un petit réchaud installé à l’entrée de l’une des tentes. C’est là, dans un espace aménagé avec soin, que vingt femmes déplacées ont commencé à arriver pour participer à une séance Les relations familiales dans le contexte du déplacement : entre les défis de la pression et la reconstruction de la chaleur affective . Comment protéger nos familles lorsque la vie se resserre autour de nous ?
L’animatrice a ouvert la séance: chaque participante devait choisir un seul mot pour décrire ce qu’elle ressentait ce matin-là. Épuisée. Effrayée, J’essaie de tenir bon. Une femme assise près de l’entrée de la tente « La tranquillité me manque. »
L’animatrice plaça au centre du cercle des cartes colorées sur lesquelles étaient inscrits des mots tels que la colère, la tristesse, la sécurité, l’impuissance, l’espoir et le réconfort. Chaque femme choisit une carte correspondant à ce qui se passait en elle, puis parle. Les participantes commencèrent à comprendre que la tension qu’elles vivaient n’était pas un échec personnel, mais une réaction humaine face à une pression dépassant les limites du supportable. Le déplacement avait transformé la tente en un lieu servant simultanément à dormir, cuisiner, recevoir des invités, résoudre les conflits et élever les enfants. La perte d’intimité, l’exiguïté de l’espace, l’inquiétude liée à la nourriture et à l’eau, ainsi que la peur de l’avenir sont autant de facteurs qui s’accumulent silencieusement jusqu’à exploser dans les situations les plus simples. Une dispute peut commencer à cause d’un verre d’eau, du bruit d’un enfant ou du retard d’un membre de la famille, mais elle porte en réalité derrière elle de longues journées d’épuisement et de privation.
Sur une grande feuille, l’animatrice dessina un cercle qu’elle appela le cercle de la pression et demanda aux femmes de nommer les éléments qui poussaient la famille au bord de l’explosion émotionnelle; la promiscuité, la chaleur, l’attente, les dettes, les pleurs des enfants, le manque de sommeil, la maladie et le sentiment d’insécurité. Elle dessina ensuite, à côté du premier, un autre cercle intitulé le cercle de la protection et demanda : que pouvons-nous faire malgré tout ? Une parole bienveillante, cinq minutes de silence, le partage des responsabilités, des excuses, prendre un enfant dans ses bras et reporter la discussion en cas de colère.
Les participantes passèrent ensuite à un exercice de respiration profonde destiné à apaiser le corps avant d’entamer toute conversation difficile. En ouvrant les yeux, l’une des participantes déclara : « Cela fait des mois que je n’avais pas remarqué que je respirais aussi rapidement en permanence. » L’apaisement du corps constitue la première étape vers l’apaisement des paroles.
Un exercice de relaxation musculaire suivit. serrer fortement les poings avant de les relâcher, puis poursuivre au niveau des épaules, du visage et des jambes.
Une partie de la séance fut consacrée à la compréhension de la différence entre la colère et le comportement nuisible. La colère est un sentiment naturel, tandis que l’insulte, les coups ou l’intimidation sont des actes auxquels il faut mettre fin. Trois étapes : arrête-toi, respire, puis choisis tes mots. S’éloigner temporairement du lieu de la dispute lorsque les voix s’élèvent, à condition de revenir au dialogue une fois le calme retrouvé et de ne pas utiliser le silence comme une punition.
Les femmes s’exercèrent ensuite à l’écoute active : regarder la personne qui parle, ne pas l’interrompre, reformuler ce que l’on a compris et poser des questions avant de porter un jugement. Une participante déclara : « Parfois, j’écoute mon mari en préparant ma réponse, et non en essayant de le comprendre. » Une autre répondit : « Nous faisons la même chose avec nos enfants. Nous leur demandons de se taire avant de savoir pourquoi ils pleurent. » La séance se concentra alors sur la relation entre les mères et les enfants, ces derniers étant les plus touchés par une tension qu’ils sont incapables d’expliquer. L’animatrice souligna que l’enfant a d’abord besoin d’une personne qui lui dise : « Je comprends que tu as peur et je suis ici à tes côtés. »
Les femmes réalisèrent une activité Une minute de sécurité , pendant laquelle la mère s’assoit auprès de son enfant, lui touche la main, respire lentement avec lui et met des mots sur ce qu’il ressent. Elles proposèrent également des rituels familiaux simples, ne nécessitant ni argent ni grand espace, tels qu’une histoire avant de dormir, une prière collective, un jeu de mots ou le partage du plus beau moment de la journée.
Dans un autre coin de la séance, des feuilles et des crayons furent disposés, et chaque participante fut invitée à dessiner sa tente Les dessins montrèrent des espaces encombrés de corps, d’objets et de bruits. Certains contenaient des lignes tranchantes reflétant la tension et l’étouffement. Les femmes furent ensuite invitées à ajouter un seul changement susceptible de rendre le lieu plus confortable L’une dessina un petit rideau en tissu séparant l’espace consacré au sommeil. Une autre ajouta un coin calme ,tandis qu’une troisième écrivit : « Un accord familial pour une heure sans cris. » Le groupe discuta de solutions réalistes destinées à préserver l’intimité à l’intérieur de la tente, telles que fixer des horaires pour se changer, parler moins fort, respecter l’espace de chaque personne et répartir clairement les tâches. Lorsque nous sommes incapables d’agrandir la tente, nous pouvons élargir l’espace du respect à l’intérieur .
Au milieu de la séance, l’histoire de l’une des participantes commença à s’imposer dans l’espace. Nous l’appellerons « Oum Yazan » afin de préserver sa vie privée. Il s’agit d’une femme d’une trentaine d’années, déplacée à plusieurs reprises avec son mari et ses enfants. Elle hésita au début, puis entrelaça ses doigts et expliqua que le plus difficile pour elle n’avait pas été le moment où elle avait quitté sa maison, mais la nuit durant laquelle elle avait eu le sentiment que sa famille se désagrégeait sous ses yeux. Cette nuit-là était extrêmement chaude. Son mari était rentré épuisé après avoir passé plusieurs heures à chercher de l’eau, tandis que les enfants se disputaient pour un morceau de pain. Il lui demanda de les calmer. Elle lui répondit avec nervosité qu’il ne voyait pas tout ce qu’elle supportait pendant la journée. Il éleva la voix, et elle éleva la sienne davantage encore. En un instant, un gobelet métallique tomba au sol et son bruit résonna dans la tente comme l’annonce de l’effondrement de quelque chose de bien plus important qu’une simple dispute. Oum Yazan vit son plus jeune fils se cacher derrière une couverture suspendue, les mains posées sur les oreilles, tandis que sa fille aînée restait immobile, sans savoir de quel côté se placer. Elle déclara « À cet instant, j’ai vu la peur dans les yeux de mes enfants, j’ai compris que la guerre s’était introduite entre nous sans nous demander la permission. » Elle ne dormit pas cette nuit-là. Elle resta à observer les ombres sur le toit de la tente, se remémorant ses paroles blessantes et celles de son mari, avec le sentiment que la distance entre eux était devenue plus longue que tout le chemin du déplacement. Le lendemain, la famille se comporta comme si rien ne s’était passé, mais le silence était lourd et chaque mouvement semblait prudent. Oum Yazan expliqua que les disputes s’étaient ensuite répétées, non pas en raison d’un manque d’amour, mais parce que tout le monde était effrayé et épuisé, sans savoir comment l’exprimer. L’animatrice lui demanda de raconter à nouveau la situation, cette fois-ci du point de vue de son enfant caché derrière la couverture. Oum Yazan ferma les yeux, puis : « Il pensait que la maison allait de nouveau s’effondrer, mais cette fois à cause de nos voix. » Le groupe rejoua la situation en utilisant les outils de dialogue enseignés au cours de la séance.
Oum Yazan expliqua qu’elle avait compris que présenter des excuses ne diminuait pas la valeur d’une mère ou d’un père, mais permettait à l’enfant de retrouver un sentiment de sécurité. Elle s’engagea à mettre en place avec sa famille un accord simple : lorsque les voix s’élèvent, l’un des membres dit le mot « pause », et tout le monde s’arrête pendant cinq minutes. Son histoire passa du statut de souvenir douloureux à celui de leçon collective sur la possibilité de réparer ce qui s’est fissuré, même lorsque nous sommes incapables de changer les circonstances extérieures.
Les participantes réalisèrent une activité La lettre que je n’ai jamais dite . Chaque femme écrivit des mots qu’elle aurait souhaité adresser à son mari, à son enfant ou à elle-même. L’une d’elles écrivit : « Je ne te déteste pas lorsque je crie. J’ai seulement peur et je ne sais pas comment demander de l’aide. » Une autre écrivit à sa fille : « Pardonne-moi lorsque je t’ai fait porter un poids supérieur à ton âge. Tu es ma fille et non ma partenaire dans l’inquiétude. » Une troisième participante s’adressa à elle-même : « Tu n’es pas obligée d’être forte à chaque minute. » L’animatrice précisa que le soutien psychologique ne signifie pas ignorer la réalité ou embellir la souffrance, mais trouver des outils empêchant la pression de détruire les relations. Elle encouragea les femmes à créer de petits réseaux de soutien entre voisines et proches, afin de s’écouter, de s’entraider et de prendre en charge les enfants lorsque cela est nécessaire.
L’activité intitulée Le cercle du soutien, chaque participante se plaça derrière une autre et posa doucement sa main sur son épaule après lui en avoir demandé la permission. L’animatrice déclara : « Personne ne peut porter tout ce poids seul. » Les femmes répondirent d’une seule voix : « Nous sommes ensemble. »
Vint ensuite le moment de la relaxation finale. Les téléphones furent éteints les voix furent baissées et les femmes s’assirent dans une position confortable.L’animatrice les guida dans l’imagination d’un lieu sûr. Certaines imaginèrent leurs anciennes maisons. D’autres imaginèrent un olivier, une plage calme ou une étreinte qui leur manquait.
Les participantes discutèrent de la manière dont une mère pouvait demander aux membres de sa famille un court moment de repos sans ressentir de culpabilité. Elles convinrent également que la répartition des rôles à l’intérieur de la tente permettait de réduire la pression et que la responsabilité ne devait pas rester entièrement sur les épaules d’une seule femme. Elles proposèrent d’associer les enfants à des tâches adaptées à leur âge, telles que ranger les couvertures, apporter des objets ou aider à nettoyer l’espace.
À la fin de la séance, chaque femme fut invitée à choisir une mesure concrète qu’elle pourrait mettre en pratique au cours des jours suivants. L’une choisit de ne plus discuter des problèmes devant les enfants. Une autre décida de consacrer quotidiennement dix minutes à une conversation avec son mari sans accusation.
La séance leur rendit le droit d’être épuisées et leur rappela que le calme est une compétence qui peut s’apprendre, et que le dialogue n’est pas un luxe en période de crise, mais un moyen de survie. la chaleur familiale n’a pas toujours besoin de murs solides, mais d’une oreille qui écoute, d’une parole qui ne blesse pas et d’une main qui se tend au bon moment.
Avant de partir, l’une des femmes déclara : « La guerre ne nous a pas seulement pris nos maisons. Elle a failli nous prendre la chaleur de nos familles, mais aujourd’hui, nous avons appris à protéger cette chaleur. »Une autre ajouta : « Vivre dans une tente étroite fait de la nervosité une réalité quotidienne, mais une parole bienveillante peut créer un espace plus vaste que le lieu lui-même. »
Dans le camp d’Al-Durra, à l’ouest de Deir al-Balah, la séance prit fin, mais la véritable histoire commença après le retour de chaque femme auprès de sa famille. Là, entre le bruit d’un réchaud, les pleurs d’un enfant et une longue file d’attente pour obtenir de l’eau, les participantes allaient mettre en pratique ce qu’elles avaient appris, dans ces détails que les caméras ne voient pas. La séance a offert à vingt femmes l’occasion d’observer clairement les pressions, d’en comprendre les origines et d’essayer des solutions pratiques remplaçant la violence, le silence et l’explosion de colère. Depuis le cœur même du déplacement, les femmes du camp d’Al-Durra ont démontré qu’une maison pouvait être détruite, mais que le sens du foyer pouvait être protégé.
https://drive.google.com/drive/folders/1wN8FgUHKgNCKR_6JF0KKgxHL-VFzo6fK
Votre voix compte
Le compte rendu du soutien psychologique pour les femmes du camp d’Al -Israa
À l’ouest de la ville de Gaza, là où les tentes étroites se côtoient,une femme ne commence pas sa matinée par une simple question sur le déroulement de sa journée, mais par une longue liste de responsabilités qui n’attendent pas qu’elle en ait la force psychologique et ne lui laissent aucune possibilité de reculer. Elle se réveille préoccupée par l’eau, la nourriture, les médicaments, les besoins des enfants, la peur des personnes âgées, l’inquiétude pour les absents et les nouvelles des maisons qu’elle a laissées derrière elle. Elle tente de faire en sorte que le peu dont elle dispose suffise à tout le monde, de protéger ses enfants des scènes de peur et de dissimuler les tremblements de son cœur afin que ceux qui l’entourent ne s’effondrent pas. Elle ravale ses larmes lorsque son enfant pleure, remet son chagrin à plus tard lorsqu’un membre de sa famille tombe malade et met sa fatigue de côté parce que quelqu’un a besoin d’elle au même moment. Au fil des jours, le silence se transforme en un lourd fardeau, tandis que les paroles sans cesse différées deviennent une douleur supplémentaire que personne ne voit.
Dans le camp d’Al-Israa, à l’ouest de Gaza, l’organisation UJFP, a organisé une séance de soutien psychologique intitulée Votre voix compte. Vingt femmes déplacées vivant dans le camp ont participé à cette séance. Les femmes se sont assises dans un cercle, sans barrières ni estrades, selon une disposition volontairement choisie pour montrer que chaque voix présente avait la même valeur et la même importance. L’animatrice a demandé à chaque participante de prononcer son nom de la manière dont elle souhaitait être appelée et de choisir un seul mot pour décrire son état.
Épuisée. Effrayée. Désorientée Résistante, mais je suis fatiguée de devoir résister. »

Cette phrase a constitué la première véritable étincelle de la séance. Une femme a parlé de son sommeil interrompu depuis son déplacement et du fait qu’elle se réveillait constamment pour vérifier que ses enfants se trouvaient toujours à ses côtés. Une autre a déclaré qu’elle se sentait coupable chaque fois qu’elle pleurait, car elle pensait devoir paraître forte devant ses filles afin de ne pas les effrayer davantage. Une troisième a décrit sa journée comme une course interminable entre la préparation de la nourriture, la recherche d’eau, les soins apportés à sa mère malade et les efforts pour calmer ses enfants.
Après le tour de présentation, la séance s’est poursuivie par un exercice de respiration calme visant à atténuer les tensions physiques Après l’exercice, une femmes a déclaré qu’elle n’avait pas remarqué qu’elle retenait sa respiration chaque fois qu’elle entendait un bruit fort à l’extérieur. Le sentiment de reprendre le contrôle de son corps, après que la peur eut longtemps contrôlé les battements de son cœur, son sommeil et ses mouvements.
L’animatrice a ensuite distribué des feuilles et des crayons, puis a demandé aux participantes d’écrire ou de dessiner ce qu’elles ne parvenaient pas à exprimer. Une femme a dessiné une maison sans portes, puis a ajouté à côté une petite tente. Sous le dessin, elle a écrit : « Je ne sais plus laquelle des deux est devenue ma maison. » Une autre a écrit les noms de ses quatre enfants, puis les a entourés d’un grand cercle, expliquant que sa plus grande crainte était de ne pas parvenir à les protéger. Une femme âgée, quant à elle, s’est contentée de dessiner un arbre arraché à ses racines.
La séance s’est poursuivie par une activité Qu’est-ce qui pèse sur mon cœur ? chaque femme était invitée à choisir une situation, un sentiment qu’elle souhaitait partager. L’une des participantes a expliqué qu’elle avait pris l’habitude de dissimuler ses pleurs, la nuit, sous sa couverture afin que ses enfants ne l’entendent pas. Elle a parlé de sa peur de s’effondrer devant eux, de son sentiment d’être obligée de leur apporter un sentiment de sécurité alors qu’elle-même ne se sentait pas en sécurité. Chacune découvrait que sa douleur n’était pas une expérience individuelle et isolée. Une jeune participante a expliqué que la difficulté la plus éprouvante ne résidait pas seulement dans le manque de produits de première nécessité, mais également dans la disparition de toute intimité à l’intérieur du camp. Elle a raconté comment les détails de sa vie quotidienne étaient devenus visibles aux yeux de tous et comment elle se trouvait désormais obligée de retenir ses émotions parce que la tente ne préservait ni les voix ni les secrets. Une mère de cinq enfants a parlé de l’épuisement qui l’accompagnait depuis le matin et de son impression de travailler sans arrêt, sans jamais trouver un seul instant pour elle-même. Elle a expliqué qu’elle ne se souvenait plus de la dernière fois où elle s’était assise sans penser au prochain repas, à un enfant malade ou à un besoin qui n’avait pas encore été satisfait.
L’animatrice a posé une question : « Quand avez-vous eu, pour la dernière fois, le sentiment que quelqu’un vous écoutait jusqu’au bout ? » Une femme assise au milieu du cercle a répondu qu’elle ne s’en souvenait pas. Elle a ensuite laissé échapper un bref rire qui s’est rapidement transformé en pleurs. L’une d’elles a dit à une autre : « Tu fais tout ce qui est en ton pouvoir, et tu n’as rien à te reprocher. »Une autre : « Tu as le droit d’être fatiguée, et tu as le droit de demander de l’aide. »« Ta voix compte, et nous t’écoutons. »
Dans une autre partie de l’atelier, les participantes ont discuté des petits moyens permettant aux femmes de préserver leur équilibre psychologique au milieu de circonstances aussi difficiles. L’importance de partager les responsabilités, de demander du soutien aux femmes de leur entourage, de consacrer quelques minutes à la respiration et de ne pas considérer les pleurs comme un signe de faiblesse. Reconnaître les signes d’un épuisement sévère et des situations dans lesquelles le recours à un soutien psychologique spécialisé devient nécessaire. Les femmes ont, à leur tour, partagé des idées simples S’asseoir avec sa voisine pendant dix minutes chaque jour et que ce court moment lui donnait davantage de force pour continuer sa journée. Créer un petit groupe à l’intérieur du camp afin de prendre régulièrement des nouvelles des femmes vivant seules ou confrontées à des problèmes de santé.
Lorsque le cercle s’est reformé, la distance entre les participantes semblait avoir diminué. L’animatrice a consacré la dernière activité à Une lettre à moi-même. « Je n’aurai plus honte de demander du soutien. » « Moi aussi, je mérite de recevoir de l’attention. »« Je ne laisserai pas la peur me priver de ma voix »
Avant la fin de la rencontre, des femme ont déclaré : « Nous avons vécu longtemps dans le silence parce que nous avions peur d’être un fardeau pour les autres. Aujourd’hui, j’ai senti que le simple fait de parler pouvait alléger ce poids. »« Se confier ne change pas la réalité à l’extérieur de la tente, mais cela change ce qui se passe à l’intérieur de nous et nous permet de nous sentir moins seules face à cette réalité. »
Elle a expliqué que la différence, cette fois, résidait dans le fait qu’elle allait repartir en sachant qu’il existait des femmes vers lesquelles elle pouvait se tourner et qu’elle n’était pas obligée de tout porter seule.
À la fin de la séance, les participantes se sont tenues dans un dernier cercle et ont échangé les paroles de soutien , chacune emportait sa petite feuille, mais ce qu’elles emportaient réellement était le sentiment que leurs voix avaient trouvé un endroit où personne ne leur demandait de se taire.
Pour l’UJFP, cette séance représente une partie de son engagement à offrir des espaces sûrs qui préservent la dignité des femmes et renforcent leur résistance psychologique et sociale. L’expérience du camp d’Al-Israa confirme que, lorsque les femmes trouvent un environnement qui respecte leurs sentiments, le fait de se confier cesse d’être perçu comme un moment de faiblesse et devient une véritable source de force.
L’organisation UJFP recommande de poursuivre l’organisation de ces espaces et de les associer à des programmes de soutien familial et psychologique plus durables au sein du camp. Dans le camp d’Al-Israa, la séance ne constituait pas la fin d’une histoire, mais le début d’un nouveau récit dont le message est que la douleur devient plus légère lorsqu’elle est partagée et que la voix, lorsqu’elle trouve quelqu’un pour l’écouter, se transforme en espoir.
« Votre voix compte, nous vous écoutons et vous n’affronterez pas ce chemin seules. »
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