Chronique “Gaza Urgence Déplacé.e.s” | L’éducation à Gaza entre guerre et tentative de retrouver une vie normale
12 août 2026Le Compte rendu de l’action éducative de l’UJFP à Gaza 12 Août
L’accès à l’éducation dans la bande de Gaza ne se limite plus au simple fait de se rendre à l’école et d’assister aux cours. Il est devenu un défi quotidien dans un contexte extrêmement difficile, qui a directement affecté les enfants, leurs familles et l’ensemble du processus éducatif. La guerre, les déplacements répétés ainsi que les dommages subis par les écoles et les établissements éducatifs ont entraîné l’interruption de la scolarité d’un grand nombre d’élèves pendant de longues périodes. Parallèlement, de nombreuses écoles ont été transformées en lieux d’hébergement pour les familles déplacées, privant ainsi les enfants de l’environnement stable dans lequel ils avaient l’habitude d’apprendre. Les conséquences de cette situation ne se limitent pas à la perte des cours et programmes scolaires. Les enfants vivent également sous une pression psychologique et sociale constante, et beaucoup d’entre eux éprouvent des difficultés à se concentrer et à retrouver un rythme éducatif régulier après une longue période de bouleversements. Face à l’accumulation des pertes d’apprentissage, il devient urgent de mettre en place des espaces éducatifs capables de ramener progressivement les enfants vers l’apprentissage et de leur offrir une certaine stabilité ainsi qu’une routine dans leur vie quotidienne. Les centres éducatifs gérés par UJFP représentent une tentative de préserver le droit des enfants à l’éducation dans des circonstances exceptionnelles ; deux centres éducatifs situés dans deux zones accueillant un grand nombre de familles déplacées : le premier se trouve dans le camp Al-Fajr, dans la région d’Al-Mawasi à Khan Younès, tandis que le second est l’école Al-Khotwa Al-Oula à Nuseirat.
Le centre éducatif du camp Al-Fajr – Al-Mawasi, Khan Younès
Le premier centre est situé à l’intérieur du camp Al-Fajr, à Al-Mawasi de Khan Younès, une zone qui est devenue, pendant la guerre, une destination pour un grand nombre de familles d’agriculteurs contraintes de quitter les régions situées à l’est de Khan Younès. L’importance de ce centre réside notamment dans le fait qu’il met à disposition un espace consacré à l’éducation au cœur d’une vie de camp qui manque souvent de lieux adaptés à l’étude. Un enfant confronté au déplacement forcé a besoin de bien plus qu’un livre ou qu’un cours ; il a besoin d’un endroit où il peut sentir qu’une partie de sa vie normale existe encore, qu’il peut reprendre son apprentissage, interagir avec ses camarades et retrouver une partie de la routine qu’il a perdue. En maintenant les activités éducatives au sein du camp, UJFP cherche à limiter l’aggravation du retard scolaire engendré par les longs mois d’interruption de la scolarité et à permettre aux enfants de conserver un lien avec le savoir et le processus éducatif malgré les circonstances qui les entourent.
L’école Al-Khotwa Al-Oula – Nuseirat
Ce deuxième centre constitue un autre espace éducatif dans le cadre des efforts déployés par l’UJFP pour atteindre les enfants dans le centre de la bande de Gaza.
Cette école revêt une importance particulière en raison du besoin croissant, dans cette région, d’alternatives éducatives permettant aux élèves de poursuivre leurs études après une longue période de perturbations. L’école Al-Khotwa Al-Oula offre un environnement permettant de reconnecter progressivement les élèves à l’apprentissage et de les aider à organiser leur journée autour d’une activité éducative régulière. La présence d’un espace réunissant élèves et enseignants contribue également à reconstruire la relation entre l’enfant et l’école, une relation profondément perturbée par la guerre, les déplacements et la perte du sentiment de sécurité.
Au-delà de l’enseignement académique
L’importance de ces centres dépasse largement la simple compensation des cours perdus par les élèves. Dans les conditions que vivent les enfants de Gaza, l’existence d’un lieu d’apprentissage régulier revêt également une dimension sociale et humaine essentielle. Retourner en classe, s’asseoir avec ses camarades, écouter l’enseignant, écrire, lire et participer aux activités quotidiennes sont des gestes ordinaires dans des circonstances normales, mais ils prennent une tout autre signification dans la vie d’un enfant confronté au déplacement et à l’instabilité.
Un espace éducatif régulier leur permet également, ne serait-ce que pendant quelques heures, de s’éloigner de l’atmosphère qui les entoure pour se consacrer à l’apprentissage, aux échanges avec leurs camarades. Préserver la continuité de ces centres représente un investissement dans la capacité des enfants à surmonter les pertes éducatives et à maintenir leur lien avec leur avenir.

Des défis persistants
Malgré l’importance de ces initiatives, le travail éducatif dans la bande de Gaza reste confronté à des défis considérables. Les déplacements continus, les difficultés d’approvisionnement en fournitures, les conditions de vie éprouvantes des familles ainsi que l’instabilité générale sont autant de facteurs qui affectent la capacité des élèves à suivre régulièrement leur scolarité et celle des centres à fonctionner de manière continue.
Les différences de niveau scolaire entre les élèves, résultant des longues périodes d’interruption, imposent également aux enseignants une difficulté supplémentaire : répondre, au sein d’une même classe, à des besoins éducatifs très variés. Ces espaces nécessitent donc un soutien continu, ainsi que la mise à disposition d’outils, de matériel pédagogique et d’un environnement adapté afin de pouvoir remplir leur rôle de manière plus efficace.
Dans une région où le parcours d’un enfant vers l’éducation est désormais semé de nombreux obstacles, les petits centres éducatifs constituent des points d’appui importants pour préserver le lien des enfants avec l’école et avec leur avenir. L’UJFP avec le centre éducatif du camp Al-Fajr à Al-Mawasi de Khan Younès et l’école Al-Khotwa Al-Oula à Nuseirat, UJFP poursuit ses efforts mais ces centres ne peuvent pas, à eux seuls, réparer l’ampleur des pertes subies par le secteur éducatif à Gaza, mais ils offrent aux enfants une véritable possibilité de retrouver le livre, la salle de classe et l’enseignant. Ils contribuent également à éviter que la période de guerre et de déplacement ne se transforme en une rupture définitive avec l’éducation. Dans une réalité où de nombreux aspects de la vie normale disparaissent, le fait qu’un enfant puisse continuer à apprendre devient en soi une manière de préserver l’avenir.
Lien vers les photos et vidéos
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https://drive.google.com/drive/folders/1NHGozJHEdaH7g7UeKM-zSMA4buYKvQ5I
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