Agression d’étudiants à la fac Paul Valéry de Montpellier : l’extrême-droite dans son rôle d’auxiliaire de police

Le Poing Publié le 4 décembre 2019 à 19:59 (mis à jour le 6 décembre 2019 à 20:19)
Ce mercredi 15 avril, la séance du Conseil des Études et de la Vie Étudiante a montré, de manière limpide, que les instances "démocratiques" à la fac ne permettent pas aux étudiants de peser sur les décisions.
Une assemblée générale s’est tenue ce mercredi 4 décembre à l’université Paul Valéry de Montpellier, à l’appel du syndicat Solidaires Étudiant·e·s, pour organiser la mobilisation contre le projet Nexus. Les débats ont rapidement dépassé cette question pour évoquer la précarité étudiante et débattre du mouvement social lancé le lendemain contre la réforme des retraites. Si le blocage de l’université n’a pas été approuvé par l’AG, un groupe d’étudiants a fait part de sa volonté de l’organiser dès jeudi matin. Rendez-vous était donc fixé au bar Le Ranch à 6h du matin.

Mais la petite dizaine de personnes ayant répondu à cet appel ont été brutalement attaquées par un nombre équivalent d’individus cagoulés et armés de matraques. D’après les témoignages recueillis par Le Poing, l’appartenance de cette milice à l’extrême droite locale fait peu de doute, bien qu’aucune revendication n’ait encore été publiée. La confrontation a laissé deux blessés légers côté étudiant. Et sa première conséquence est un renforcement de la détermination du mouvement.

Cette agression rappelle bien sûr les évènements similaires ayant eu lieu il y a désormais un an et demi dans l’Université de Montpellier. Mais également les tentatives de déblocage de lycées organisées par différents groupes fascistes armés tels que l’Action Française en région parisienne – ou, dans un autre registre, par des dealers armés de pistolets Paint Ball dans les quartiers nord de Marseille, en décembre dernier (lycée Saint Exupéry).

A Montpellier comme ailleurs, les groupes d’extrême droite et d’antibloqueurs violents jouent un rôle d’auxiliaires de police, agressant des cibles faciles pour briser les mouvements de grève. Les périodes de lutte sociale permettent ainsi de voir le fossé existant entre le discours contestataire de ces groupes et leur rôle réel. Tout comme la répression policière, ces attaques préméditées doivent être prises en compte dans les stratégies de lutte et d’autodéfense, dans les lycées et les universités comme dans le monde du travail.

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