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Reportage 15 décembre 2021

Colère des parents d’élèves : faudra-t-il chercher des profs remplaçant sur Le Bon coin ?

Depuis quelques semaines, les parents d’élèves de plusieurs collèges se manifestaient tour à tour pour dénoncer l’incurie administrative du non remplacement d’enseignant·e·s absents sur de très longues durées. Ils ont conduit une première action commune ce mercredi à Montpellier.

« Enseignant·es absent·es – Scolarité oubliée – Scolarité bafouée » : c’était la ritournelle entonnée par les parents et leurs enfants devant le rectorat de Montpellier ce mercredi 15 Décembre en début d’après-midi. En effet une quarantaine de parents, d’enseignant·es et de jeunes se sont rassemblé·es pour demander à ce qu’une délégation soit reçue ; d’abord pour avoir enfin une réponse concernant le non remplacement des professeurs mais également trouver des solutions.

Souvent ce sont des absences qui étaient prévisibles, comme un départ à la retraite ; sachant que l’ ouverture des droits à la retraite dans la fonction publique se demande six mois avant. Il y a aussi les congés paternité, que la loi a considérablement rallongés. L’initiative de cette mobilisation entre les différents établissements de l’Académie de Montpellier revient au collège Arthur Rimbaud, situé dans le bas de la Paillade près de la piscine.

Les parents dont des délégués de la FCPE – principale fédération des conseils de parents d’élèves de la fonction publique – ont alerté le conseil départemental de la FCPE 34, qui s’est chargé de faire le lien entre les différentes absences de professeurs des différents établissements. Ce mercredi au collège Marie Curie à Pignan, est signalé un professeur de technologie parti à la retraite et non remplacé depuis septembre. C’est une matière que les élèves de troisième peuvent avoir au brevet.

Au collège Arthur Rimbaud un autre professeur de technologie en accident du travail depuis septembre est non remplacé, également un professeur d’éducation physique et sportive. A Montarnaud un professeur de français manque depuis deux mois.  Au collège Mermoz, à Camille Claudel une enseignante d’espagnol ; une enseignante de français absente depuis le 4 octobre avait fait en sorte de pouvoir être remplacée en avertissant l’administration suffisamment à temps, mais ça n’a pas marché !

Sur le bulletin de notes des élèves arrivant au brevet sera inscrit « sans note par absence d’enseignant·e ». Au collège des Garrigues qui se trouve en Zone d’Education Prioritaire trois mois d’absence non remplacée pour une professeure de français en sixième et depuis la rentrée pas de professeur·e de musique. Et il n’y avait que les collèges ; la question des lycées n’a pas été évoquée mais la situation y ressemble à celle des collèges, sans parler des difficultés liées à l’épidémie de covid…

Une absence n’est remplacée dans un établissement qu’au bout de quinze jours, mais toutes les absences énoncées ce jour se situaient entre un mois et trois mois. Les parents sont inquiets, de plus en plus mécontents et on le serait à moins quand la réponse du rectorat c’est d’abord le silence puis des phrases du type : « on ne trouve personne de disponible et ce n’est pas à vous parents de faire cette demande, c’est au chef d’établissement » Or, il l’avait faite déjà faite la demande ! Parfois même les chefs d’établissement sont à la recherche de profs sur Le Bon coin !

Autre explication avancée par le rectorat : la réticence des contractuel.le.s à accepter un remplacement à Arthur Rimbaud, faisant perdurer une mauvaise et une fausse réputation à ce collège qui a pourtant d’excellents résultats au brevet. Tout cela résulte du fait qu’on arrive au bout d’une certaine politique de l’Education nationale explique Julien professeur syndiqué au SNES : « On est dans une politique de libéralisation de la fonction publique qui vise à la suppression des professeur·es titulaires et à leur remplacement par des contractuels. Il n’y a aucune surprise dans cette situation, l’académie de Montpellier a 729 élèves de plus en 2021 et on a supprimé 16 postes de titulaires, souvent des départs à la retraite non remplacés. Ce qui a pour conséquence plus d’heures supplémentaires pour les titulaires et l’embauche de contractuel·le.s qui ne font pas assez d’heures pour vivre décemment. Sous le quinquennat Macron il y a eu huit mille postes en moins au concours du CAPES, celui qui permet le recrutement des enseignant·e·s, l’objectif annoncé par le gouvernement étant à terme l’embauche de 20 % de contractuel·le·s sur le pool de la Fonction Publique »

En milieu d’après-midi le rassemblement attendait toujours qu’une délégation soit reçue par la directrice académique adjointe de l’Education nationale. Mais la FCPE s’organise et a mis à disposition des parents un site permettant le recensement national des absences non remplacées car « rien ne peut se faire sans les parents et la prochaine fois on ira plus loin ».


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