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Analyse 28 novembre 2022

Dix raisons pour lesquelles la nouvelle loi anti squat et anti locataires est dégueulasse

Expulsion d'un squat montpelliérain à Triolet en septembre 2020. Image d'illustration.

Le projet de loi contre « l’occupation illicite des logements », porté par le député Renaissance Guillaume Kasbarian, examiné ce lundi à l’Assemblée nationale, n’est pas avare en mesures de répression de la pauvreté : extension des expulsions administratives en 48 heures aux occupations de logement vacants, possibilité de résilier un bail dès les premiers impayés en pleine crise sociale, assimilation d’une occupation de logement sans droit ni titre à du vol etc… Le Poing vous présente dix raisons pour lesquelles la nouvelle loi anti squat et anti locataires est dégueulasse.

  1. En France près de 8% des logements sont vides, soit trois millions de logements vides
  2. Dans beaucoup d’endroits, l’accès à la location est quasi impossible : il faut un CDI et trois fois le montant du loyer- Si on gagne moins de 1700 euros, bon courage pour trouver une location correcte !
  3. Les seuls logements abordables sont des logements sociaux pour lesquels les délais d’attente sont délirants : 36 mois à Montpellier – Comment fait-on quand on est à la rue.
  4. Les conditions pour accéder à un crédit permettant d’accéder à un logement sont délirantes : il est très difficile d’accéder à un prêt si on n’a pas un apport de dizaines de milliers d’euros et un CDI
  5. Il est difficile de trouver un logement et ceux qui y parviennent payent leurs loyers très chers, trop cher, engraissant des multi-propriétaires.
  6. La loi anti-squat, sous couvert de protéger les « petits propriétaires », pénalise le squat faisant du fait de se loger dans un logements vide, quand n’a pas de logement un délit de 3 ans de prison : c’est de la criminalisation de la misère et la liberté de mourir de froid dans la rue dans le respect de la loi
  7. La loi anti-squat met une pression délirante sur les locataires : résiliation automatique du bail dès le premier mois impayé : que se passera-t-il quand les gens devront choisir entre payer l’électricité et leur loyer ?
  8. Dépénalisation des milices anti-squat : le fait de constituer une milice pour expulser squatters et locataires ne pouvant payer un loyer serait désormais puni d’un an de prison au lieu de trois. C’est un encouragement en bonne et due forme aux milices.
  9. Sous couvert de défendre les « petits propriétaires », c’est le grand capital qui est défendu : la plupart des logements privés sont loués par de riches multipropriétaires. Le cas du pauvre papy à l’EPAHD qui se fait squatter son logement est l’arbre qui cache la forêt de riches rapaces s’engraissant sur le dos des locataires
  10. Le logement est un droit élémentaire : il devrait être gratuit, pas aux mains du capital immobilier et des banques.

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