Gilets jaunes, acte 36 : Montpellier reste une place forte de la contestation

Le Poing Publié le 21 juillet 2019 à 22:09 (mis à jour le 22 juillet 2019 à 17:51)

Ce samedi, plus d’un millier de personnes ont manifesté pour l’acte 36 des gilets jaunes suite à un appel national lancé sur les réseaux sociaux. Malgré une chaleur et une répression policière étouffantes, les contestataires n’ont rien perdu de leur détermination.

Ça a pété

Dès treize heures, les gens affluent petit à petit sur la place de la Comédie et rapidement, les pétards et les slogans résonnent, dont « On est tous des enfants de Zineb », en référence à cette vieille dame tuée par un tir de grenade lacrymogène à Marseille alors qu’elle regardait une manifestation de gilets jaunes depuis son balcon.

À quatorze heures, les manifestants empruntent la rue de la Loge, direction la préfecture, tant convoitée par les gilets jaunes. Les forces de l’ordre tirent des grenades lacrymogènes, aussitôt réexpédiées à l’envoyeur. Les plus déterminés s’abritent derrière une banderole sur laquelle il est inscrit en lettres capitales : « Ça va péter ». Les gilets jaunes font demi-tour vers Antigone, où la tension monte rapidement d’un cran : des poubelles sont enflammées et posées en travers de la route tandis que le mobilier urbain se transforme en barricade et que les vitrines de banques, les distributeurs et les parcmètres subissent le courroux populaire. Quelques projectiles sont envoyés sur la police, qui suit les contestataires de près, notamment devant la médiathèque. Puis la foule retourne vers le centre-ville en passant par la gare et Observatoire en posant une question restée sans réponse : « Où est Steve ? »

Et je coupe le son !

En remontant sur le faubourg du Courreau, les gilets jaunes ont rejoint la marche des fiertés, mais certains ont scandé « les putes à Macron » en parlant de la police, ce qui a suscité de vives réactions au sein de la Pride : « Laissez les travailleuses du sexe en dehors de tout ça ».

Les gilets jaunes sont vite repartis vers la préfecture, avant de se faire copieusement gazer rue de la Loge. Arrivé sur la place de la Comédie, c’est le chaos : les lacrymogènes provoquent la panique et l’incompréhension chez les touristes, et quelques projectiles sont jetés sur les policiers. Un concert sur l’Esplanade détend un peu l’atmosphère : quelques gilets jaunes dansent face aux policiers, mais dès que la musique s’arrête, les hostilités reprennent, puis le calme revient une fois la reprise du concert, etc. Ce petit jeune a été brisé par une ultime charge policière dispersant la majorité des manifestants. Sur l’Esplanade, c’est la pagaille : des bambins en poussettes pleurent et un street-médic git au sol. Certains se dirigent vers la Pride, mais l’émeute s’achève.

On compterait un manifestant interpellé et placé en garde à vue et, selon les autorités, trois policiers blessés. À Montpellier, peu de gens s’attendaient à une manifestation aussi déterminée, preuve que les gilets jaunes sont encore capables de s’étonner de leur propre audace.

Crédits photos : Julio

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