Grève dans l’éducation nationale : 200 personnes à Montpellier pour exiger plus de moyens dans l’enseignement

Le Poing Publié le 10 novembre 2020 à 19:48 (mis à jour le 10 novembre 2020 à 19:51)
Rassemblement intersyndical de l'éducation nationale, Place Candolle à Montpellier

Nouvelle journée d’action et de grève dans l’éducation nationale pour protester contre le protocole sanitaire du ministère de l’éducation, jugé intenable par manque de moyens. Les syndicats appellent à dédoubler les classes partout et à embaucher massivement du personnel dans les établissements scolaires.

La colère gronde de nouveau dans l’éducation nationale ! La semaine dernière, plusieurs lycées s’étaient déjà mobilisés contre le nouveau protocole sanitaire du gouvernement prévu pour la rentrée scolaire du 2 novembre. « Rien n’a changé depuis la rentrée de septembre », déploraidans nos colonnes une enseignante du Lycée Mendès France à Montpellier mardi dernier.
Pourtant, la lutte paie. Sur son site internet, le syndicat Sud Education a annoncé que des établissements ont obtenu gain de cause par la grève le 5 novembre : annulation de cessions d’épreuves continues, dédoublement des classes…

Appelée par les principales organisations syndicales, la journée d’action de ce mardi 10 novembre avait pour but de poursuivre sur cette lancée pour maintenir la pression sur le gouvernement.
A Montpellier, près de deux cents personnes se sont réunies en plein « confinement », sans l’ombre d’une présence policière, place Candolle, à deux pas du rectorat où une délégation devait y être reçue.

Dédoublement des classes et embauches massives

« La journée de grève d’aujourd’hui a été un succès ! » a déclaré un syndicaliste de Force Ouvrière cet après midi sur la Place Candolle. Il a ensuite déploré l’absence de masques dans son établissement : « on n’a pas de masques, ou pas homologués ». Plus de moyens dans l’éducation, mais « aussi dans la santé », a-t-il déclaré pendant sa prise de parole.

Sud Éducation, de son côté, appelle à élargir la grève et réclame un « plan d’urgence pour l’éducation » pour faire face à l’épidémie de COVID dans les établissements scolaires : dédoublement des classes pour limiter les risques de contamination et mieux accompagner les élèves, embauches massives de personnel (enseignants, agents territoriaux), tests et des masques fournis gratuitement par le ministère de l’éducation nationale.

L’enseignement supérieur et la recherche également dans la rue

La mobilisation montpelliéraine n’a pas réuni que les enseignants du premier et second degré, puisque du personnel de l’enseignement supérieur s’est également joint au rassemblement. Marc Lenormand, enseignant d’Anglais à la faculté Paul Valéry et syndicaliste à Sud Éducation a également pris la parole :« On est venu en soutien, et parce que la situation pour l’université est grave ». Un autre représentant syndical a dressé un topo de la situation dans les facs : « les étudiants sont tous en distanciel, la qualité de l’enseignement est dégradé et les inégalités sociales se creusent ».

Mais la principale inquiétude qui demeure est au sujet de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR), débattue en ce moment en commission au parlement, contre laquelle une mobilisation s’était lancée l’an dernier partout en France. Celle-ci prévoit entre autre, que la recherche soit financée par des appels à projet et non plus par dotations. « Une loi précarisante pour les chercheurs, qui met en concurrence les labos entre eux et qui met la recherche au pas du gouvernement et des entreprises », selon le syndicaliste de Sud.

Qui plus est, le nouvel amendement de cette loi, discuté cet après-midi scandalise. En effet, il prévoit une sanction pénale de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amendes pour « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé […], dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement» si ces faits sont commis en réunion. Le côté volontairement flou de la formulation laisse craindre aux syndicalistes un moyen de réprimer, voire de tuer dans l’œuf les prochaines mobilisations étudiante

Si les inquiétudes se partagent, les colères aussi. , Déterminés, les enseignants en lutte comptent bien poursuivre la mobilisation jusqu’à l’obtention de leurs revendications, à commencer par le dédoublement des classes.

La mobilisation montpelliéraine n’a pas réuni que les enseignants du premier et second degré, puisque du personnel de l’enseignement supérieur s’est également joint au rassemblement. Marc Lenormand, enseignant d’Anglais à la faculté Paul Valéry et syndicaliste à Sud Éducation a également pris la parole :« On est venu en soutien, et parce que la situation pour l’université est grave ». Un autre représentant syndical a dressé un topo de la situation dans les facs : « les étudiants sont tous en distanciel, la qualité de l’enseignement est dégradé et les inégalités sociales se creusent ».

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