Interpellation pour apologie du terrorisme à Montpellier : deux poids, deux mesures

Le Poing Publié le 9 novembre 2023 à 09:49 (mis à jour le 9 novembre 2023 à 11:36)

Le mouvement de soutien à la Palestine rencontre un franc succès à Montpellier, avec 2 500 personnes dans les rues le 4 novembre pour dénoncer le siège de Gaza. Mais toute l’attention médiatique s’est focalisée sur la prise de parole isolée, après la manifestation, d’un homme présentant l’attaque du Hamas comme « héroïque ». Son interpellation, le 6 novembre, pour apologie du terrorisme, démontre l’hypocrisie d’une justice bien timorée face aux multiples discours violemment anti-Palestiniens.

Au musée des horreurs, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Ainsi, le chanteur Enrico Macias peut tranquillement appeler à « dégommer » les élus de la France Insoumise sur CNews, tandis que la journaliste Caroline Fourest, sur BFM, déclare au calme qu’ « on ne peut pas comparer le fait d’avoir tué des enfants délibérément comme le Hamas, et le fait de les tuer involontairement comme Israël », alors même que les Nations Unies craignent un « nettoyage ethnique » et déplorent que « Gaza devient un cimetière pour enfants ». Vous en voulez encore ? La chroniqueuse Célina Pina a osé sur CNews : « Une bombe qui explose et qui va faire des dégâts collatéraux tuera sans doute des enfants mais ces enfants ne mourront pas en ayant l’impression qu’en face d’eux, l’Humanité a trahi tout ce qu’ils étaient en droit d’attendre ». Aucune garde à vue, aucune déclaration des préfets. Pire encore : ces gens sont rémunérés pour raconter ces abominations.

A Montpellier, un homme a déclaré, après la manifestation du 4 novembre : « L’acte de résistance du 7 octobre […] l’acte héroïque du 7 octobre […] c’est en réalité un battement d’aile de papillon. […] Ils ont peur que […] ça donne un espoir aux peuples du Sud ». Les familles des otages israéliens apprécieront. Pour rappel, l’attaque du Hamas a tué près de 1300 personnes, essentiellement des civils. Le préfet de l’Hérault a immédiatement mené l’enquête et l’homme a été placé en garde à vue le 6 novembre. Vous avez dit deux poids, deux mesures ?

En conférence de presse le 6 novembre, les organisateurs des manifestations propalestiniennes à Montpellier parlaient d’un évènement « monté en épingle ». « Parler d’apologie du terrorisme concernant un individu isolé qui prend la parole en marge de la manifestation alors qu’un génocide se déroule sous nos yeux, c’est déplacé, voire indécent » s’insurgeait Alban Dessouter de La Libre Pensée, tandis que José-Luis Moragues, de Boycott-Désinvestissement-Sanctions, rappelait les positions politiques de la LICRA de Montpellier, qui déclare avoir porté plainte : « La LICRA est une association de soutien sans faille à l’État d’Israël qui est contre les mouvements de solidarité avec la Palestine. Le sénateur Hussein Bourgui soutient également l’apartheid […]. Ils n’ont aucune légitimité à faire des commentaires ».

Il faut dire que le maire historique de la Ville, Georges Frêche, parlait en 2006 de Montpellier comme du « poste avancé de Tsahal », l’armée israélienne. Les maires successifs célèbrent depuis 1977, à l’initiative du centre communataire culturel juif, la « journée de Jérusalem » pour revendiquer d’en faire la « capitale une et indivisible de l’Etat-nation du peuple-juif », une revendication contraire au droit international qu’un certain Donald Trump avait fait sienne en 2017, mettant ainsi le feu aux poudres au Moyen-Orient. Montpellier rejoint ainsi les positions les plus extrêmement favorables à l’apartheid.

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