Mobilisation des agriculteurs à Montpellier : l’extrême-droite de rue en roue libre

Le Poing Publié le 26 janvier 2024 à 20:35 (mis à jour le 26 janvier 2024 à 20:54)
Des militants d'extrême-droite ont tenté d'intimider des personnes comme perçues "à gauche", dont un journaliste indépendant

Ce vendredi 26 janvier, à Montpellier, alors que les agriculteurs manifestaient sur la Place de la préfecture, des militants nationalistes ont mené une série d’intimidations contre des journalistes et des militants perçus comme “de gauche”

A Montpellier,l’extrême-droite tente de récupérer le mouvement de colère des agriculteurs. Alors que des convois rassemblant des centaines de personnes et des dizaines de tracteurs ont convergé vers le péage de Saint-Jean-de-Védas et les autoroutes avant d’arriver sur la place de la préfecture, plusieurs groupes politiques étaient présents, à commencer par le maire de Béziers Robert Ménard et des membres de la Ligue du Midi, groupuscule violent et raciste.

Le groupe “jeunes d’Oc”, recomposition locale du groupe dissous Génération identitaire, dont le porte-parole Anthony Lacoste avait placardé des affiches sur un collège à Sérignan pour dénoncer un soit-disant “danger islamiste” en novembre dernier, distribuait un tract sur lequel on pouvait lire ” plus d’argent pour les paysans, moins pour les migrants“, en soulignant le fait que la famille qui avait percuté une automobiliste en Ariège le 23 janvier était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français.

Puis, le Bloc Montpelliérain, groupuscule nationaliste, a interpellé notre confrère Ricardo Parreira, journaliste indépendant, en lui reprochant notamment d’avoir crée le site Indextreme, qui référence des symboles réappropriés par l’extrême-droite, ainsi que d’autres personnes perçues comme des “militants de gauche”. Les nationalistes lui ont également dit qu’il n’était pas un “vrai français”, en raison de son accent.

Ce groupe nationaliste-révolutionnaire, crée début janvier, avec comme logo un éclair blanc sur fond bleu, reprenant l’iconographie des fascistes anglais et italiens du Blocco Studentesco, lié à Casapound, déclare aspirer à une “régénération spirituelle et physique”, notamment par les sports de combat. Ils sont d’ailleurs implanté dans le mouvement des active clubs, ces clubs de combats d’extrême-droite sur lesquels Ricardo Parreira a justement enquêté.



Samuel Clauzier, un autre journaliste indépendant, a filmé l’intimidation de Ricardo et s’est fait menacer par Dorian M., (avec les gants coqués sur la vidéo ci-dessous) un sympathisant de l’ancien groupe d’extrême-droite Montpelliérain Jeunesse Saint-Roch,. Il milite aujourd’hui au bloc Montpelliérain.

Il est accompagné de Ongwé « Louis » L. G., portant une casquette noire. Lui aussi était membre de jeunesse Saint-Roch. Groupuscule qui se réunissait notamment avec l’Action Française sous le label “South Face”, (auquel nous avions consacré une enquête) pour mener des actions violentes. Il marchait également avec la Ligue du Midi lors de leur hommage annuel à Jeanne d’Arc. Tous deux ont déjà été pris en photo en train de faire des saluts de künhen, une alternative au salut nazi, illégal en Allemagne.

Des militants du bloc montpelliérain en train d’intimider le journaliste Ricardo Parreira, le 26 janvier sur la place de la préfecture à Montpellier. Au premier plan, Dorian M. sympathisant de l’ancien groupe jeunesse Saint-Roch. Avec une casquette noire, Ongwé « Louis » L. G., qui était membre du groupe sus-mentionné. Avec les lunettes de soleil, un militant nationaliste Nîmois.

Des militants, identifiés comme étant de la Cocarde étudiante par le collectif antifasciste la Jeune Garde, ainsi qu’un cadre de la branche locale de Génération Zemmour ont également contribué à exclure violemment de la manifestation un homme -bien connu des habitués des mouvements sociaux montpelliérains- appartenant au PRCF (Pôle de renaissance communiste en France) en lui arrachant son drapeau, comme on peut le voir sur des images publiées sur Twitter par Raphael Arnaud, porte parole de La Jeune Garde.

Ces militants ont ensuite été écartés du rassemblement par des agriculteurs, qui ont déclaré “on ne fait pas de politique on ne veut ni communistes ni fachos”. Ils sont cependant revenus ensuite, plus discrètement, pendant le discours du préfet, mais cette fois-ci sans incident.

Bref, une nouvelle fois, l’extrême-droite montpelliéraine fait ce qu’elle a toujours su faire : recréer une nouvelle vitrine chaque année pour tenter de récupérer des mouvements sociaux et y chasser les militants progressistes, au mépris même des agriculteurs.

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