Montpellier : la mairie fait appel contre deux militants pro-Palestiniens après une action symbolique
Sans débat ni vote en conseil municipal, la Ville de Montpellier a décidé de faire appel dans l’affaire des militants de BDS jugés en décembre 2024 pour une action symbolique à la maison des relations internationales. Un énième épisode judiciaire qui illustre une nouvelle fois la position politique de Michaël Delafosse, maire de Montpellier, sur le génocide en cours en Palestine
La décision est passée relativement inaperçue. Dans les synthèses des décisions du conseil municipal du 14 avril, la Ville de Montpellier acte son intention d’ester en justice devant la chambre des appels correctionnels de la Cour d’appel de Montpellier. En cause : l’affaire des dégradations commises en juin 2024 à la Maison des relations internationales par deux militants pro-palestiniens. Le procès en appel est fixé au 12 juin prochain.
Une affaire déjà jugée en décembre 2024
Le 11 décembre 2024, un jeune militant de la campagne BDS Montpellier et José-Luis Moraguès, co-fondateur de l’antenne Montpelliéraine de la campagne BDS, comparaissaient pour avoir versé de la gouache rouge sur une plaque de jumelage avec la ville israélienne de Tibériade et sur un drapeau américain, mis en berne pour l’occasion.
À l’issue de l’audience, le tribunal correctionnel avait relaxé l’un des prévenus et condamné le second à une amende de 150 euros avec sursis, ainsi qu’au remboursement du drapeau (30 euros). La Ville de Montpellier, qui réclamait plusieurs milliers d’euros de préjudice, avait été déboutée de ses demandes.
Delafosse persiste dans son soutien à l’État d’Israël
L’appel ne vient pas seulement d’un des prévenus, mais aussi du parquet. La délibération municipale entérine désormais la participation de la Ville à cette nouvelle procédure. Un choix politique assumé dans la continuité de la ligne portée par le maire “socialiste” Michael Delafosse, lequel avait déclaré qu“il est mensonger de parler d’apartheid Israélien […] Tant que je serai maire, je serai aux côtés de Tibériade [ville israélienne jumelée avec Montpellier, ndlr]. L’édile s’était également illustré en mars 2025 en signant une tribune demandant l’interdiction de la critique du sionisme, sorte d’ouverture de la fenêtre d’Overton, qui a récemment débouché sur la proposition de loi Yadan, rejetée à l’assemblée.
Et au-delà du fond, la forme interroge. Cette décision d’ester en justice ne fait pas l’objet d’un vote du conseil municipal. Elle relève des délégations accordées au maire, qui peut engager la collectivité en justice sans débat public. Une disposition légale qui évite sans doute au maie d’avoir à débattre une énième fois en Conseil municipal de la situation à Gaza avec son opposition de la France Insoumise…
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