Montpellier : le centre de santé communautaire Human Santé en sursis jusqu’en octobre
Menacé par l’arrêt annoncé du financement national des structures d’exercice coordonné participatif, le centre Human Santé, à Figuerolles, obtient un répit jusqu’en octobre. Sans garantie pour la suite, l’équipe appelle à maintenir la mobilisation
Réunis en conférence de presse ce mercredi 18 février, les salariés et patients du centre de santé communautaire Human Santé ont annoncé un sursis. Après avoir acté, le 29 janvier, la fin du dispositif SECPa, le ministère de la Santé a finalement indiqué, le 5 février, que les financements seraient prolongés jusqu’en octobre. Lancé en 2021 à titre expérimental, ce dispositif des « structures d’exercice coordonné participatif » soutient 26 centres et maisons de santé en France afin de renforcer l’accès aux soins des publics les plus vulnérables. Il finance notamment la médiation en santé, l’accompagnement social, les ateliers de prévention ou le recours à des interprètes. À Montpellier, il représente 50 % du budget de Human Santé.
Installé depuis 2019 dans le quartier populaire de Figuerolles, dépourvu de médecin généraliste libéral, Human Santé revendique un modèle associatif et autogéré. Son bureau est composé exclusivement de patients. L’équipe, forte de neuf salariés, accompagne 1 350 personnes dans une approche globale mêlant soins primaires, médiation en santé, soutien psychologique, activité physique adaptée et ateliers de prévention. « L’objectif est de rendre les patients acteurs de leur santé en leur donnant du pouvoir d’agir », explique Camille, médecin au centre.
Le dispositif SECPa, lancé en 2021 pour soutenir 26 structures participatives en France, devait être évalué avant une éventuelle généralisation. Selon le réseau national cité par Reporterre, les résultats étaient jugés positifs, tant sur le plan social que sanitaire. Fin janvier, le gouvernement a pourtant annoncé la fin de l’enveloppe dédiée, estimée à 14 millions d’euros pour 2025, suscitant l’incompréhension des équipes concernées. Le ministère a ensuite évoqué une intégration au label « France Santé », sans préciser les montants alloués, une perspective jugée insuffisante par les centres.
À Montpellier, l’annonce initiale faisait planer la menace d’une fermeture à moyen terme et de licenciements. « Dans un contexte de difficulté d’accès à un médecin traitant, il paraît totalement absurde d’envisager la fermeture de ce lieu de soin », écrit Human Santé dans son communiqué. Plus de 17 000 personnes ont signé une pétition nationale de soutien. Localement, patients, soignants et partenaires se sont réunis dès le 5 février pour organiser la riposte.
Pour Claudine, patiente, l’enjeu dépasse la simple consultation médicale. « Quand j’ai découvert Human Santé, j’avais de nombreux problèmes de santé, psychiques, physiques. On m’a prise dans ma globalité, et pas traitée les symptômes de manière isolée et depuis je vais beaucoup mieux. »
Si la prolongation jusqu’en octobre repousse l’échéance, elle ne règle rien sur le fond. Les responsables du centre demandent l’intégration pérenne du financement SECPa au budget de la Sécurité sociale et son ouverture à d’autres structures, en ville comme en zone rurale. Ils appellent à un rassemblement le 26 février à midi devant la Sécurité sociale à Montpellier pour maintenir la pression.
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