Montpellier ; le collectif “atterrissons d’urgence” mobilisé pour le plafonnement du trafic aérien

Elian Barascud Publié le 13 mars 2024 à 20:32
Le collectif "Atterrissons d'urgence" s'est mobilisé le 13 mars à Montpellier pour demander un plafonnement du trafic aérien. ("Le Poing")

Dans le cadre d’une journée d’action nationale pour le plafonnement du trafic aérien, militants écologistes, chercheurs et riverains de l’aéroport de Montpellier étaient réunis ce mercredi 13 mars sur la Place de la Préfecture pour dénoncer les effets délétères de l’aviation sur le climat et la santé

Ils étaient une grosse cinquantaine, munis d’avions en cartons et de banderoles, ce mercredi 13 mars, pour demander, dans le cadre d’une journée d’action nationale, le plafonnement du trafic aérien. Le collectif “atterrissons d’urgence” regroupe militants écologistes (Greenpeace, Alternatiba), chercheurs et associations de riverains, comme l’expliquait Stuart, membre du collectif : “Aujourd’hui on lie le climat et le combat des riverains de l’aéroport de Montpellier, car ce sont les mêmes revendications : nous demandons un plafonnement des mouvements aériens (décollages, atterrissages) à 15 000 par an, et 2 millions de passagers. En 2019, dernière année avant le Covid, on était à 20 000. On parle d’émissions de 100 000 tonnes de CO2 par an, pour 90 % de vols commerciaux.” Le collectif demande également un “couvre-feu” des aéroports entre 22 heures et 6 heures.

Parmi les riverains présents, Jean-Luc Grandon, président de l’association de défense des résidents de Boirargues, venu exprimer sa colère : “Les avions survolent nos maisons au décollage. En 2019, les trajectoires de vols ont été modifiés et passent par des zones urbanisées.” Il décrivait du bruit, mais surtout “un œil de pollution, entre l’aéroport, l’autoroute et la RD 66 continuellement bouchée.” Lui et son association militent en sensibilisant la population et en faisant de l’information sur ces nuisances.

Happening et mise en scène

S’en est suivi une sorte de flashmob théâtral, ou une personne, déguisée en France, se faisait attaquer par des avions en carton tenus par des militants. L’occasion d’introduire des chercheurs, en blouse blanche, pour effectuer un “diagnostic” : “Les particules fines rejetées par les avions vont dans les poumons, puis dans le sang, et peuvent provoquer plusieurs types de problèmes de santé”, arguait la professeure d’épidémiologie environnementale Isabella Annesi Maesano : “Ces polluants peuvent aggraver des soucis de santé déjà existants, comme des troubles respiratoires, mais à long terme, ils peuvent provoquer des maladies cardio-vasculaires des cancers ou des maladies neurodégénératives.Il faut aussi évoquer le bruit, qui peut provoquer des troubles du sommeil.”

Le constat climatique a ensuite été dressé par Xavier Capet, océanographe et climatologue : ” Il y a un déni de réalité chez les dirigeants, notamment du secteur aérien, qui évoquent le techno-solutionnisme ou une rhétorique minimisant le poids de l’aviation dans le réchauffement climatique en nous parlant d’une responsabilité dans l’avènement de celui ci à hauteur de 2%. Sauf que les émissions de CO2 provoquées par les avions n’en sont pas la cause principale : les trainées de condensations derrière les avions agissent comme une couverture qui bloque le retour de l’énergie infra-rouge que la terre émet, et favorisent la création de nuages qui auront le même effet. En France, on estime que le trafic aérien est responsable à hauteur de 15 % du changement climatique.”

On notera cependant un grand absent dans ce constat dressé : le système de production, le mot capitalisme n’ayant pas été prononcé une seule fois. (Nos confrères et camarades de la revue Frustration avait d’ailleurs rédigé un très bon article sur les “scientifiques qui ne sauveront pas le climat”, dans lequel ils faisaient état d’un “tabou” sur la question).

Localement, le collectif a demandé un rendez-vous avec le préfet, tandis que d’autres militants feront escale au Ministère des transports vendredi 15 mars pour tenter de se faire entendre.

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