Montpellier : une assemblée de lutte qui fait le plein dans le foulée de la manif du 31

Le Poing Publié le 1 février 2023 à 19:38 (mis à jour le 8 février 2023 à 09:17)

Environ 130 personnes se sont retrouvées après la manif montpelliéraine du 31 janvier, pour une assemblée de lutte appelée par le collectif « Montpellier contre la vie chère ». Les graines d’une lutte plus indépendante des grands appareils syndicaux sont-elles plantées dans la ville ?

La chose avait été annoncée de multiples manières, sur le net, par voie de tracts, affiches collées tout au long de la manif montpelliéraine contre la réforme des retraites du 31 janvier. L’assemblée « Montpellier contre la vie chère », fondée à l’automne et visant à organiser le combat contre les hausses de prix, mais aussi contre toutes les attaques capitalistes sur les conditions de vie de la population (entre autres, réformes des retraites, du chômage, du RSA) appelait en fin de défilé à une assemblée de lutte.

Objectif affiché : se rencontrer, pour organiser la solidarité dans le mouvement social et « le blocage du pays », selon les mots du collectif. Avec une bonne dose d’indépendance par rapport aux grandes confédérations syndicales ou aux divers partis politiques. Le pari paraissait plutôt réussi, quand autour de 15 heures, environ 130 personnes se retrouvaient au kiosque de l’Esplanade pour évoquer les suites à donner à cette nouvelle journée d’action. Soit quasi trois fois plus que les précédentes assemblées contre la vie chère, organisées avant le début du mouvement sur les retraites, ou au tout début de celui-ci pour la dernière en date. Beaucoup de nouveaux venus donc, forcément. Il aura donc surtout été question d’apprendre à se connaître, de savoir qui veut faire quoi et comment.

Une dynamique est-elle enclenchée sur Montpellier, qui permettrait de voir émerger d’autres formes de lutte sociale que celles proposées par syndicats traditionnels et partis ?

Certains nouveaux arrivants dans l’assemblée semblent tout à fait déterminés à ne pas laisser le mouvement social entre des mains trop éloignées. Et les propositions diverses ne manquent pas. Parmi lesquelles : se joindre aux salariés de Sanofi, mobilisés ce jeudi 2 février à 11 heures devant le site montpelliérain pour protester contre les licenciements de certains après le mouvement social de l’hiver 2022 ; détourner des pans de manifestation vers des cibles identifiées à l’avance, que le mouvement gagnerait à paralyser ; se retrouver au rond-point de la Lyre, tout près des facs en pleine agitation, pour approfondir le lien entre les personnes mobilisées ; multiplier les blocages, les ouvertures de péages d’autoroute ; organiser des cantines populaires.

Bref, les idées ne manquent pas. Elles n’ont jamais manqué d’ailleurs depuis la création cet automne du mouvement « Montpellier contre la vie chère. » Mais jusqu’ici le nombre de participants était plutôt à la stagnation, trop peu important pour que de vrais possibilités s’ouvrent. Et voilà que ce problème semble être en voie de résolution.

L’assemblée compte à minima donner dans les actions de plus grande ampleur, à l’occasion des mobilisations nationales dans un premier temps. Une réunion d’organisation se tiendra ce jeudi 2 février à 19h30 au local associatif Le Barricade, au 5 rue Bonnie, dans le quartier Rondelet. On y discutera des choses à faire pour les prochaines journées déjà annoncées par l’intersyndicale, les 7 et 11 février, et de la tenue de la prochaine assemblée. Autre rendez-vous déjà fixé :  le samedi 4 février, à 14 heures, place de la Comédie, pour une manif contre les réforme des retraites, de l’assurance chômage, du RSA, contre la vie chère, et plus globalement contre toutes les attaques capitalistes contre les droits de la population.

Alors que certains habitants de l’arrière-pays héraultais jugent le moment propice pour proposer chez eux des assemblées similaires, un dépassement de l’intersyndicale vers d’autres formes et moyens de lutte est-il possible ? Réponse dans les semaines à venir !

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