PoliceJustice
En Bref 31 octobre 2021

Mort de Zineb Redouane : pas de sanctions administrative pour le CRS auteur du tir

Manifestation "Justice pour Zineb" à Marseille. Image d'illustration

Marseille, 1er décembre 2018, acte III des gilets jaunes. Zineb Redouane, voit la manif passer en dessous de chez elle, s’apprête à fermer la fenêtre de son appartement. Une grenade lacrymogène tirée par la police l’atteint en pleine tête. Elle décède le lendemain.
Presque trois ans plus tard, on apprend ce samedi 30 octobre que le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux a décidé qu’il n’y aurait pas de sanctions administratives prise à l’encontre du CRS identifié comme l’auteur du tir, contre l’avis de l’Inspection Générale de la Police (IGPN). Laquelle, dans un rapport rendu le 20 mai, et tout en jugeant le tir non délibéré, a pourtant admis que le CRS avait manqué à « l’obligation de discernement par une action manifestement inadaptée » L’homme avait alors tiré en direction de l’immeuble de Zineb Redouane situé à une trentaine de mètres, avec un lance-grenades d’une portée de cent mètres.
L’année 2020 a vu un conflit d’expertises dans l’affaire Zineb Redouane : alors qu’une première expertise remise en mai dans le cadre de la procédure judiciaire qualifie le tir de réglementaire, une seconde expertise indépendante remet cette version en question à la fin de l’année sur la base de vidéos, et conclut au contraire à un tir tendu, illégal, en direction de l’immeuble.
Le DGPN justifie sa décision en mettant en avant la fatigue du policier, le manque de visibilité, le climat de tension. Seule mesure administrative prise à l’égard du tireur et de son superviseur : un stage censé rappeler les consignes en vigueur sur l’emploi des “moyens de défense”.
L’information judiciaire, qui déterminera s’il y a ou non poursuites judiciaires, est elle encore en cours. Aucune mise en examen pour le moment.
Le 16 juin 2019, le chef de la compagnie de CRS impliquée dans les évènements qui ont conduits à la mort de Zineb Redouane avait été médaillé par Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur.


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