Municipales à Montpellier : les candidats divisés sur le contournement ouest

Le Poing Publié le 11 mars 2026 à 14:30 (mis à jour le 11 mars 2026 à 14:32)
Les travaux préliminaires du Contournement Ouest de Montpellier ont démarré en décembre 2025. (DR)

Soutien assumé, approbation sous conditions ou opposition frontale : le projet de Contournement Ouest de Montpellier (COM) cristallise les positions des candidats aux municipales. Interrogés par un collectif d’associations écologistes, plusieurs prétendants à l’hôtel de ville détaillent leur vision sur cette infrastructure routière

À l’approche des élections municipales, le collectif d’associations L’Autre COM a adressé un questionnaire aux candidats pour connaître leur position sur le Contournement Ouest de Montpellier (COM), un tronçon routier reliant Saint-Jean -de-Védas à Juvignac.

Delafosse favorable au projet

Le maire sortant Michaël Delafosse se dit « favorable en l’état » à cette infrastructure routière qu’il juge « indispensable » pour la métropole. Le projet, long d’environ six kilomètres, doit relier l’A75 à l’A9 à l’ouest de Montpellier, entre Montpellier et Saint-Jean-de-Védas. L’édile affirme toutefois avoir obtenu plusieurs aménagements, dont une limitation de la vitesse à 70 km/h, la création de voies réservées aux transports en commun, de pistes cyclables et de traversées piétonnes.

Selon lui, l’infrastructure ne deviendra pas un axe majeur de transit. Le COM « n’a pas de vocation logistique internationale, ni même nationale », assure-t-il. Il avance également un argument environnemental : la nouvelle route permettrait de réduire les embouteillages sur l’avenue de la Liberté, « générateurs de pollution sous la fenêtre des habitants ».Le “socialiste” promet par ailleurs de poursuivre le développement des mobilités alternatives, avec un bustram jusqu’à Cournonsec, des cars à haut niveau de service depuis la vallée de l’Hérault et un réseau express de vélolignes.

Soutiens plus nuancés à droite et au centre

La candidate de droite Isabelle Perrein se dit favorable au COM à condition qu’il s’accompagne d’un développement des transports collectifs. Elle propose une limitation de vitesse différenciée : 90 km/h sur la section nord et 70 km/h sur la section sud, afin de limiter « l’attractivité de la route ».

Elle reconnaît néanmoins que « toute infrastructure routière nouvelle augmente mécaniquement les capacités de circulation et peut générer du trafic supplémentaire ». Par ailleurs, elle plaide pour un renforcement des lignes de bus à l’ouest de la métropole, des voies de bus dédiées et le développement de parkings relais. Elle évoque également une vigilance particulière sur le trafic des poids lourds et la mise en place de mesures de réduction et de compensation environnementales.

L’ancien maire Philippe Saurel reste plus flou. Il estime que les décisions doivent être « évaluées et prises avec les Montpelliérains ». Il se prononce pour la création d’un « boulevard urbain et non d’une autoroute », sans préciser davantage les aménagements envisagés.

Opposition des candidats de gauche

La députée Nathalie Oziol, candidate de La France insoumise, se dit « opposée au principe même » du COM et propose un moratoire sur les projets autoroutiers qu’elle juge « inutiles et écocides ». Elle met plutôt en avant un renforcement des transports publics, avec un tramway toutes les dix minutes maximum — cinq minutes aux heures de pointe — et une extension du service jusqu’à 2 heures du matin.

Même opposition du côté de Max Muller, tête de liste de Révolution permanente, qui qualifie le projet d’« aberration climatique ». Selon lui, l’infrastructure renforcerait un « système voiture » au profit du concessionnaire Vinci. Il plaide à la place pour la relocalisation des emplois et des services et pour le développement de transports collectifs gratuits. « On ne peut pas discuter de transition avec ceux qui organisent le saccage de nos ressources pour leurs marges », conclut-il.

Un projet toujours très contesté

Le COM prévoit la création d’une liaison routière d’environ six kilomètres reliant l’A75 à l’A9 à l’ouest de la métropole afin de fluidifier le trafic local. Le projet est porté par ASF (Vinci Autoroutes) et financé via des augmentations de péage sur l’A9, tandis que la nouvelle infrastructure resterait gratuite pour les usagers.

Il est toutefois vivement contesté par plusieurs associations environnementales. Réunies au sein du collectif L’Autre COM — qui regroupe Action Justice Climat, Alternatiba Montpellier, Paysages de France, Saint-Jean Environnement, SOS Lez Environnement et Vélocité Grand Montpellier — elles dénoncent notamment l’artificialisation des sols, les atteintes à la biodiversité et les risques d’inondation.

Le collectif souligne également l’empreinte carbone du projet. Dans une contre-analyse, le groupe d’experts The Shifters estime que la mise en service de la route pourrait générer au moins 269 000 tonnes supplémentaires d’émissions de CO₂, auxquelles s’ajouteraient 126 000 tonnes liées à la construction des infrastructures. Les associations dénoncent enfin un projet « surdimensionné », susceptible d’induire davantage de trafic plutôt que de le réduire, ainsi qu’un « manque de débat public ».

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