« On va sans doute y passer aussi » : Nicole, Montpelliéraine sur la flottille pour Gaza, témoigne

Elian Barascud Publié le 19 mai 2026 à 10:55 (mis à jour le 19 mai 2026 à 10:56)
La flottille Global Sumud entend briser le blocus qui touche Gaza en apportant des vivres et du matériel médical. [DR]

Jointe par téléphone ce lundi 18 mai alors que la marine israélienne interceptait à nouveau des dizaines de navires de la Global Sumud Flotilla au large de Chypre, la Montpelliéraine de 67 ans engagée en mer raconte une matinée à se faufiler entre les mailles du filet. Pour combien de temps encore ?

Trois semaines après avoir échappé de peu à une première arrestation en Méditerranée, Nicole n’a pas posé le pied à terre. La retraitée de 67 ans, engagée sur la flottille Global Sumud par refus de « laisser mourir les peuples sans rien faire », est toujours en mer. Ce lundi 18 mai vers midi, elle répond au téléphone depuis un bateau qui se sait cerné. Sa voix est calme, posément déterminée : « On n’est pas très loin de Chypre. On a encore échappé à l’arrestation ce matin en prenant un autre cap, mais nos camarades ont été interceptés et emmenés sur un bateau-prison. On va sans doute y passer aussi, on se prépare à jeter nos téléphones. »

Dans la matinée, la flottille Global Sumud,, qui vise à briser symboliquement le blocus qui touche Gaza, alertait sur les réseaux : « Des navires militaires interceptent actuellement notre flottille et les forces israéliennes sont en train de monter à bord du premier de nos bateaux. » Cette nouvelle flottille — composée de plus de 50 embarcations parties de Marmaris, en Turquie, le 14 mai — transportait selon les organisateurs 461 volontaires de 45 pays, avec à leur bord de la nourriture, du lait infantile et du matériel médical destinés à Gaza.

Ce n’est pas la première fois que Nicole frôle l’arrestation. Dans la nuit du 29 au 30 avril, des soldats armés avaient abordé plus de vingt bateaux de la flottille dans les eaux internationales près de la Crète, « enlevant » selon les organisateurs au moins 179 militants sous la menace d’armes d’assaut. Cette nuit-là, le capitaine de son bateau l’avait réveillée, toutes lumières éteintes. Elle s’en était sortie — « rescapée », disait-elle alors. Trois semaines plus tard, rebelote.

De la mer, elle observe pourtant quelque chose qui lui donne de l’élan : « On voit depuis la mer l’ampleur que ça prend et ça fait plaisir, il faut continuer et rester solidaires. » Son message aux militant·es restés à terre est le même qu’en avril, répété avec une insistance qui ressemble à de l’urgence : « Soulevez-vous encore, faites des manifestations, interpellez le gouvernement… Plus des personnes partent sur la flottille, plus ça touche l’opinion publique. »

Quelques heures après les premières interceptions, le Premier ministre israélien confirmait l’opération en félicitant le commandant de la marine : « Vous menez cette opération avec un succès remarquable. Continuez jusqu’au bout. »

Pour contacter les autorités françaises et exiger la protection des ressortissants à bord, la flottille met à disposition une liste de contacts officiels sur globalsumudflotilla.org/contact-officials.

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