Périscolaire à Montpellier : la députée Nathalie Oziol interpelle le ministre de l’Éducation Nationale
Après plusieurs affaires présumées d’agressions sexuelles sur des enfants dans des structures scolaires et périscolaires de l’Hérault, la députée LFI Nathalie Oziol a adressé un courrier au ministre de l’Éducation nationale pour exiger des réponses et des mesures structurelles
Le département de l’Hérault accumule les affaires. En juillet 2025, une femme de 59 ans employée dans l’école maternelle de Vic-la-Gardiole a été mise en examen et placée en détention provisoire pour des faits présumés de viols et d’agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 3 à 4 ans. Les faits se seraient produits principalement pendant la sieste des élèves, selon une source proche du dossier. Moins d’un an plus tard, c’est à Montpellier-même qu’une autre affaire similaire éclate. Le 2 avril 2026, Midi Libre révèle que des abus sexuels présumés ont été commis sur des fillettes de l’école Charles Dickens et du centre de loisirs Astérix. L’affaire concerne un ancien animateur de 33 ans, intervenu pendant plusieurs années dans des écoles montpelliéraines, mis en examen en mars pour des faits de viol et d’agressions sexuelles sur mineures de moins de dix ans, incarcéré puis remis en liberté début avril par la cour d’appel de Montpellier. Il conteste les faits.
Les premiers signalements remontaient à 2024. Plusieurs familles disent avoir alerté après des propos d’enfants ou des comportements jugés inhabituels. Des plaintes ont été déposées à l’automne, et l’agent a été suspendu puis écarté de tout contact avec des mineurs à partir de mars 2025. Pendant des mois, des rumeurs avaient circulé , avant d’être classées sans suite. Les parents, eux, tirent leurs propres conclusions. « On se demande où on serait aujourd’hui si ce n’était pas sorti dans la presse. C’est effrayant pour nous » , confiait l’un des porte-paroles de l’association de parents Une école, un avenir dans les colonnes d’Hérault Tribune.
C’est dans ce contexte que la députée LFI de la 1re circonscription de l’Hérault, Nathalie Oziol, a adressé un courrier au ministre de l’Éducation nationale. Elle y dénonce des « fragilités structurelles » : manque de contrôle des recrutements, insuffisance des vérifications administratives, absence de mécanismes de signalement et de retrait rapide des personnels mis en cause…
Dans son courrier, Nathalie Oziol formule également des demandes concrètes : création d’un organisme national dédié au pilotage de la lutte contre la pédocriminalité, reconstitution systématique des parcours des auteurs présumés pour permettre à d’éventuelles autres victimes de se manifester, prise en charge intégrale des soins et du suivi psychologique des enfants victimes…
Quand l’extrême-droite surfe sur les scandales de pédo-criminalité
Le courrier de Nathalie Oziol arrive au moment où la France entière est traversée par l’affaire Lyhanna. Le 29 mai 2026, cette collégienne de 11 ans disparaît à Fleurance, dans le Gers, après avoir quitté son établissement scolaire. Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, était déjà visé depuis 2017 par des signalements et plaintes pour viol sur mineure avant d’être mis en examen et placé en détention provisoire. Le 7 juin, une marche blanche à Fleurance rassemble 6 000 personnes. Le lendemain, des rassemblements sont organisés dans toute la France devant les tribunaux pour dénoncer les dysfonctionnements institutionnels mis en lumière par l’affaire.
À Montpellier, le rassemblement se tient à 18h devant le tribunal judiciaire, place Pierre Flotte, à l’appel de collectifs féministes et d’associations de protection de l’enfance. Mais dans la foule, on repère Thierry Tsagalos, suppléant du député UDR Charles Alloncle et candidat RN dissident aux municipales de Montpellier, ainsi qu’une femme arborant un t-shirt “B.A.P.” (Brigade anti-pédo) et le drapeau de France du Peuple, mouvement confusionniste qui consacre sur son site une rubrique entière intitulée « Pédoland », appelle les armées à renverser l’ordre politique établi et dénonce un « complot des élites contre les peuples ». Des pancartes évoquent des « élites pédocriminelles corrompues » vocabulaire complotiste qui mêle indistinctement la protection de l’enfance et fantasmes proches des sphères Qanon.
Ce type de récupération n’est pas nouveau. Depuis des années, une partie de l’extrême droite et des milieux complotistes s’est arrogé le monopole de l’indignation face à la pédocriminalité, transformant une cause légitime en carburant pour des théories du complot. Et c’est précisément là que le courrier de Nathalie Oziol prend toute sa valeur politique : l’exigence de protection des enfants appartient à tout le monde, pas seulement aux réactionnaires.
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