Montpellier : un nouvel appel à la réquisition des logements vides pour sortir les sans-abri de la rue

Elian Barascud Publié le 25 mars 2026 à 18:55
le collectif citoyen contre le sans-abrisme organisait une conférence de presse ce mercredi 25 mars au bar Le Dôme. ("Le Poing")

À l’approche de la fin de la trêve hivernale et après une première pétition en janvier, un collectif citoyen contre le sans-abrisme a lancé un appel à la réquisition des logements vacants. Soutenu par une soixantaine de personnes et d’organisations, il entend mettre la pression sur les pouvoirs publics face à une situation jugée « inadmissible »

« Plus personne à la rue à Montpellier. » C’est le mot d’ordre martelé par le collectif citoyen contre le sans-abrisme, qui organisait une conférence de presse ce mercredi 25 mars au bar Le Dôme. Derrière cet appel, une soixantaine de signataires issus du monde associatif, médical, culturel ou militant, qui exigent des mesures immédiates pour faire face à l’urgence.

Alors que la fin de la trêve hivernale approche, le collectif alerte sur une aggravation de la situation. À Montpellier, environ 2 800 personnes vivraient à la rue selon les estimations avancées, dont de nombreux enfants. « Que quelqu’un puisse mourir de froid à deux pas d’un lieu d’hébergement saturé, voilà qui est inadmissible », écrivent les signataires, appelant à l’ouverture de places d’hébergement d’urgence mais aussi à la mise en place de solutions pérennes.

Au cœur de leurs revendications : la réquisition de logements et de bâtiments vides, qu’ils appartiennent à l’État ou aux collectivités locales. « Des bâtiments vides et des logements vides, ce n’est pas ce qui manque », insiste l’appel, qui défend une intervention directe des pouvoirs publics pour répondre à ce qu’il qualifie de « droit humain inaliénable ».

Une colère née de morts à la rue


La mobilisation trouve son origine dans plusieurs drames récents. « Cet appel fait suite à un premier qu’on avait lancé début janvier après la mort d’un SDF juste à côté d’un centre d’hébergement d’urgence le 30 décembre dernier », rappelle Claude Dubois, militant au NPA. « On est là pour crier notre colère. » Même constat du côté de Gilles, membre du collectif : « On a créé le collectif après la mort d’un jeune homme dans les rues de Montpellier. » Selon lui, 34 personnes seraient mortes à la rue en 2025 dans la ville. Le collectif avait déjà organisé un hommage le 7 mars sur la place de la Comédie. Pour ces militants, la question du sans-abrisme ne peut être dissociée d’autres luttes. « Cette lutte va de pair avec le combat des sans-papiers, exilés et demandeurs d’asile », souligne encore Claude Dubois.

Des dispositifs jugés insuffisants


Sur le terrain, les acteurs associatifs décrivent une saturation chronique des dispositifs existants. Samuel Forest, président de l’association Solidarité Partagée, évoque un hiver « très compliqué ». « Je suis encore des familles à la rue qui appellent le 115 tous les jours sans succès », témoigne-t-il. Il raconte aussi le parcours de Léa, 21 ans, rencontrée à Montpellier avant qu’elle ne parte à Grenoble : « Elle est morte dans la rue. Ça aurait pu être ici. Cela ne devrait pas arriver. »

Son association avait hébergé des familles dans un lieu d’accueil avant leur expulsion en octobre dernier. « Une semaine de campement devant la mairie et de rassemblements quotidiens ont été nécessaires pour obtenir leur relogement, dans des logements provisoires », explique-t-il. Aujourd’hui, il cherche un nouveau site, évoquant notamment des bâtiments vacants comme une ancienne école à Celleneuve.

Mettre la pression sur les institutions


Le collectif entend désormais structurer la mobilisation. Une formation sur les réquisitions de logements vides est prévue le 16 avril avec le porte-parole du Droit au logement (DAL), tandis qu’une rencontre inter-collectifs est annoncée en juin. Objectif : partager les expériences et amplifier le rapport de force. « On est là pour fédérer les associations et organisations qui travaillent au contact des sans-abri », explique Gilles.

Les militants comptent également demander un rendez-vous à la mairie de Montpellier et interpeller l’ensemble des pouvoirs publics — municipaux, départementaux et préfectoraux. Faute de réponse, ils préviennent : ils soutiendront « toutes les initiatives » visant à ouvrir des lieux vacants.

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