À Ganges, les propos du maire sur une « population sauvageonne » interrogent
À Ganges, l’appel au « dialogue » porté par la liste victorieuse de Bertrand Vivancos se heurte à des propos du maire évoquant une « population sauvageonne ». Une sortie qui, après une large victoire électorale, soulève des interrogations sur la vision de la cohésion sociale portée par la nouvelle municipalité
Lors de la présentation de la liste divers gauche Raison et Ambition, le 12 mars 2026 à la salle des fêtes de Ganges, les colistiers de Bertrand Vivancos ont affiché une ambition commune : restaurer le dialogue. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de « recréer du lien » et de faire de Ganges « une ville où l’on se parle ».
La tonalité de la soirée a toutefois évolué lors de l’intervention finale du maire. Évoquant « un jeune de 13 ans victime d’un malaise à 1 heure du matin la semaine dernière », Bertrand Vivancos a estimé qu’un « coup de pied au cul » est la solution. Poursuivant son propos, l’édile affirme vouloir répondre aux inquiétudes d’habitants qui disent « avoir peur de sortir au cinéma à 20 heures ».
Pour expliquer ce sentiment d’insécurité, il évoque également la présence d’« une population sauvageonne ». Sollicité afin de préciser ses propos et la signification qu’il donne à cette expression, Bertrand Vivancos n’a pas répondu à nos questions. L’ancien maire de Ganges, Michel Fratissier, qui figure en 25ᵉ position sur la liste de Bertrand Vivancos, explique pour sa part se retirer de la vie politique, certain de ne pas être élu. Il indique vouloir désormais écrire un ouvrage consacré au résistant et défenseur des tirailleurs sénégalais Jean Moulin.
Large vainqueur dès le premier tour avec 70,30 % des suffrages, Bertrand Vivancos s’impose dans un scrutin marqué par 45,89 % d’abstention. L’usage de l’expression polémique « population sauvageonne » interroge toutefois sur la manière dont la nouvelle municipalité entend renouer le dialogue entre les habitants.
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