Signaux d’alarmes en série au conseil de Métropole de Montpellier

Elian Barascud Publié le 21 avril 2026 à 14:10 (mis à jour le 21 avril 2026 à 14:12)
Le conseil de métropole de Montpellier s'est réuni mardi 21 avril pour son premier débat d'orientation budgétaire du nouveau mandat. ("Le Poing")

Le conseil de métropole de Montpellier s’est réuni mardi 21 avril pour son premier débat d’orientation budgétaire du nouveau mandat. Ambiance tendue, alarme incendie incluse, et un vote du budget programmé pour le 28 avril

La séance s’ouvre sur le rapport annuel égalité femmes-hommes. L’occasion pour Livia Jampy (LFI) de rappeler que des inégalités persistent : les fonctionnaires masculins de catégorie A gagnent 10 % de plus que leurs homologues féminines, et l’écart en catégorie C a plus que doublé en deux ans. Elle pointe aussi les 18 signalements de violences sexistes et sexuelles recensés en 2025, sur lesquels la métropole reste discrète.

La réponse vient d’où on ne l’attend pas. Jean-Luc Meissonnier, maire de Baillargues, juge bon de demander à l’élue de « baisser d’un ton » parce qu’il n’arrive pas à la comprendre Nathalie Oziol (LFI) qualifie immédiatement la sortie de sexiste. Difficile de lui donner tort.

La fiscalité en question

Sur le débat d’orientation budgétaire à proprement dit, la majorité dresse le tableau d’une collectivité étranglée par l’État. Montpellier Méditerranée Métropole perçoit la dotation globale de fonctionnement la plus faible de toutes les métropoles françaises — 30 % sous la moyenne. Les décisions gouvernementales récentes alourdissent encore la facture : ponction cumulée de 12,4 millions d’euros sur le fonctionnement. Renaud Calvat et Michael Delafosse tirent la sonnette d’alarme, relayés par Christian Assaf qui dénonce un État qui « renfloue ses caisses » sur le dos des collectivités.

Le président de la métropole pose franchement l’équation : pour maintenir le niveau de services publics — 15 piscines, 15 médiathèques, le réseau de transports le plus dense de France par habitant, pour 1 095 euros de dépenses annuelles par habitant contre 595 euros en moyenne nationale —, trois options existent : faire contribuer les communes, fermer des équipements, ou activer une fiscalité foncière intercommunale. Delafosse tranche pour la troisième voie, en proposant un taux de 5,8 % — à comparer aux 13 % de Toulouse.

Le deuxième signal d’alarme de cette séance viendra du dispositif incendie, qui interrompra les débats de 11h20 à 11h40. Une sirène qui aurait été déclenchée par des travaux au sous-sol du bâtiment de la Métropole.

LFI : « vous appliquez la même politique austéritaire »

De son côté, la députée Insoumise Nathalie Oziol formule les mêmes critiques qu’en Conseil municipal de Montpellier. Pointant l’absence de régies publiques renforcées, le manque d’ambition écologique et les finances qu’elle juge « très dégradées », elle renvoie la majorité à ses propres contradictions : « Vous faites partie du parti qui a voté les restrictions budgétaires pour les métropoles, et vous venez pleurer ici. »

Kamel Moufik, le benjamin de l’assemblée, relève quant à lui l’absence de toute mesure spécifique pour les jeunes dans les orientations présentées — étudiants, apprentis, logements, santé mentale. Rhany Slimane alerte, lui, sur les risques liés à la part variable de la dette, qui représente plus de 50 % — un point de vulnérabilité réel dans un contexte de taux incertain.

Du côté de l’opposition de droite, Salim Jawhari (liste Altrad) estime que le budget reste dans la continuité du mandat précédent — sans que ce soit vraiment un compliment.

Le vote aura lieu le 28 avril.

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