Affaire du funérarium de Grammont : le procès fixé en décembre 2027

Elian Barascud Publié le 6 mai 2026 à 14:48
Photo d'illustration du Tribunal de Montpellier - le Poing

Le tribunal correctionnel de Montpellier s’est réuni mercredi 6 mai pour une audience de consignation dans l’affaire du funérarium de Grammont, où des salariés dénoncent depuis des années des faits de harcèlement, d’agressions sexuelles présumés et de travail dissimulé. Le fond ne sera pas jugé avant décembre 2027

C’est une étape procédurale, pas un jugement. Mais pour les anciennes salariées présentes à l’audience ce mercredi 6 mai, c’était déjà quelque chose. « Je suis quand même contente d’être là aujourd’hui, même si le fond du dossier n’est pas jugé, au moins, il se passe quelque chose, parce que jusqu’alors on était complètement ignorées », confie Aurélie, ancienne employée du complexe funéraire de Grammont qui avait dénoncé des actes de harcèlement sexuel sur son lieu de travail. Elle dit avoir passé « trois ans à pleurer toute la journée, à faire des crises d’angoisse. On est venu soutenir les collègues qui y travaillent encore ».

L’affaire remonte aux plaintes déposées en octobre 2022 par plusieurs salariées du complexe funéraire de Grammont, géré par une société dont Montpellier Méditerranée Métropole est actionnaire majoritaire. Elles dénonçaient des fessées, des frôlements, des propos sexistes répétés, et affirmaient avoir alerté leur hiérarchie sans résultat. Une citation directe déposée par l’avocat Stéphane Fernandez vise plusieurs cadres et salariés, ainsi que le maire Michaël Delafosse, pour complicité présumée dans l’absence de mesures de protection des salariés.

L’audience de ce mercredi visait à fixer les consignations dues par les parties civiles. Cette somme, versée au greffe du tribunal, constitue une garantie destinée à couvrir d’éventuels frais de procédure en cas de condamnation pour poursuites abusives. Elle s’élève à 1 000 euros pour la plupart des plaignants, 800 euros pour trois autres, à régler dans les deux mois.

La défense évoque des “poursuites abusives”

Michaël Delafosse, maire de Montpellier, qui a récemment obtenu une protection fonctionnelle dans le cadre de cette affaire, était absent du tribunal. on avocate, Iris Christol, a indiqué ne pas avoir reçu les pièces nécessaires — notamment celles relatives aux ressources des plaignants — pour se prononcer sur le montant d’une éventuelle consignation. Elle s’est réservé le droit de « plaider la procédure abusive ».

Du côté des autres avocats de la défense, le ton était similaire. Un avocat a annoncé vouloir demander des « condamnations pour poursuites abusives », précisant au passage avoir appris la date de l’audience dans la presse plutôt que par la procédure elle-même.

2027 pour le fond, enquête pénale toujours en cours

Le dossier sera audiencé sur une journée complète le 6 décembre 2027. Parralèllement, une enquête pénale est toujours en cours. L’avocat des parties civiles, Stéphane Fernandez, relativise l’attente : « La justice manque de moyens, c’est un délai habituel. » Une explication qui ne convainc pas toutes les victimes présentes. Une ancienne salariée, qui a souhaité rester anonyme, n’a pas caché sa sidération à la sortie de l’audience : « J’ai dénoncé des premiers faits de harcèlement fin 2015, cela fait plus de quatre ans qu’il y a eu les dépôts de plainte, et on va devoir encore attendre un an et demi… Je trouve ça ahurissant. »

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