Taxe foncière de la Métropole de Montpellier : les promesses électorales passent au vote
Le conseil de métropole a adopté mardi son budget primitif 2026, avec une hausse de la taxe foncière à 5,8 %. De quoi créer la panique chez certains maires fraichement élus, qui, durant leur campagne, ont promis à leurs administrés de ne pas augmenter les impôts
Le budget 2026 de Montpellier Méditerranée Métropole a été adopté mardi 28 avril, avec 13 votes contre et 2 abstentions. Sur le papier, une adoption confortable. Dans la salle, une séance nettement plus inconfortable pour certains.
Le nerf de la guerre : 44 millions d’euros
C’est Julie Frèche, fidèle acolyte du maire-président “socialiste” Michaël Delafosse, qui a posé les chiffres sur la table : une hausse du taux de la taxe foncière sur le bâti à 5,8 %, pour dégager 44 millions d’euros de recettes supplémentaires. La mesure phare d’un budget que Renaud Calvat, vice-président de la Métropole en charge des finances, qualifie lui-même de « budget de transition », coincé entre la fin des grands chantiers du mandat précédent — la ligne 5 de tramway notamment — et un prochain mandat annoncé « plus sobre en investissements ». Le tout sous contrainte d’un État qui raréfie ses dotations aux collectivités, refrain déjà entonné lors du débat d’orientations budgétaires la semaine passée.
Le problème, c’est que plusieurs maires réunis dans l’hémicycle avaient fait campagne sur la promesse inverse. Julien Miro, maire de Castelnau-le-Lez, l’a dit sans détour : « Mon engagement de campagne a été clair, baisser la taxe foncière de 20 % sur mon mandat. » Virginie Martos-Ferrara, de Villeneuve-lès-Maguelone, a d’ailleurs démontré que le grand écart n’était pas uniquement l’apanage de Jean-Claude Van Damme : « On a été élus en promettant de ne pas augmenter les impôts. Mais nous prendrons nos responsabilités en votant pour le budget. » Une phrase qui mérite d’être relue lentement. Une contradiction qui n’aura d’ailleurs pas échappé aux élus Insoumis Montpelliérains, qui parlent d’un “déni de démocratie locale”.
Salim Jawhari, co-listier du milliardaire Mohed Altrad, a quant à lui dénoncé une « rupture avec la parole donnée » — rappelant qu’au débat d’orientation budgétaire 2025, la majorité s’était engagée à ne pas toucher à la taxe foncière.
Sauver les piscines
Michael Delafosse, de son côté, affirme que la fiscalité demeure le seul levier pour continuer de garantir des services publics dans la Métropole : « Fermer l’une des quinze piscines ou des quinze médiathèques de la Métropole, personne ne l’a proposé. L’impôt n’est jamais agréable, mais il permet de créer du commun. »
Reste que tous les maires n’ont pas suivi avec le même enthousiasme. Roger Caizergues, de Lavérune, s’est abstenu sur la question du taux d’imposition, estimant que « la temporalité retenue est trop resserrée » — il aurait fallu monter plus doucement. Guy Lauret, de Vendargues, a soulevé une question de justice : pourquoi ces 44 millions reposent-ils sur les seuls propriétaires, alors que tous les habitants bénéficieront des services financés ? Le vote sur le taux d’imposition a finalement recueilli 25 votes contre et 9 abstentions avant d’être adopté.
La France Insoumise a voté contre, évoquant une « question de justice sociale » pour les petits propriétaires endettés à taux élevé — ajoutant au passage une demande de régie publique de l’énergie pour bloquer les prix localement. Rhany Slimane a alerté, une nouvelle fois, sur la part variable de la dette métropolitaine : 52 % à taux variable sur 1,3 milliard d’euros, soit une exposition réelle aux marchés financiers. La séance a aussi offert un échange savoureux : Manu Raynaud a glissé, sans le nommer, une pique à Slimane sur ses vidéos TikTok dans l’hémicycle. Livia Jampy, élue de la France Insoumise a aussitôt répliqué que « cette assemblée est publique et on dira qui vote quoi sur TikTok ou ailleurs ». Le droit à l’information municipale version 2026.
Après le vote du budget, Michael Delafosse a quitté la salle. Renaud Calvat a annoncé que le président de la métropole a obtenu une protection fonctionnelle (qui peut comprendre la prise en charge des frais d’avocats par la collectivité) dans le cadre de l’affaire du funérarium de Grammont, dans laquelle il est cité à comparaître pour « complicité d’absence de prise de mesure de sécurité et de protection de la santé physique et mentale des salariés » et de « complicité de travail dissimulé » le 6 mai prochain.
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