Montpellier : le SCUM annonce la création de deux plateformes contre la sélection à l’université

Elian Barascud Publié le 3 juin 2026 à 12:43
Ce mercredi 3 juin, jour de publication des résultats Mon Master, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a tenu une conférence de presse pour dresser un bilan de sa mobilisation contre la sélection à l'université

Ce mercredi 3 juin, jour de publication des résultats Mon Master, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a tenu une conférence de presse pour dresser un bilan de sa mobilisation contre la sélection à l’université et annoncer le lancement de deux plateformes d’aide aux étudiants et bacheliers. Le syndicat dénonce ce qu’il qualifie de « tri social et raciste »

Résultats de Parcoursupp ce mardi, résultats de Mon Master ce mercredi… La semaine risque d’être forte en émotions pour beaucoup d’étudiants et bacheliers qui attendent leur affectation en vue de leur poursuite d’études. Surtout qu’ils seraient de moins en moins nombreux à y avoir accès selon le SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier), majoritaire dans l’académie. “L’an dernier, à l’issue des deux phases Mon Master, 82 653 candidats se sont retrouvés sans proposition”, détaille Kaïs, co-porte parole du syndicat étudiant. “A Montpellier, nous le voyons concrètement à chaque rentrée. La sélection est telle qu’en 2023, les réponses positives représentaient seulement 21,82% des vœux de Master 1 à l’université de Montpellier. Si les étudiants ont le niveau pour avoir leur licence, pourquoi ne pourraient-ils pas accéder au Master ?”

Le syndicat impute ce phénomène à un manque de places croissant dans les filières « en tension », dont les capacités d’accueil sont inférieures à la demande. “Pour 2026, ce sont 270 400 candidats, contre 250 400 l’an dernier, qui se sont inscrits sur Mon Master, tandis que 151 887 places y ont été ouvertes, contre 175 592 en 2025, soit 23 615 de moins”, chiffre Théo, autre porte-parole du SCUM.Des baisses d’effectifs qui peuvent avoir de lourdes conséquences, notamment pour les étudiants étrangers qui n’auraient pas d’affectation en master : perte de bourse, de logement étudiant, de titre de séjour…

“Sélection sociale et raciste”

Selon le SCUM, cette sélection à l’université constitue “un tri social et raciste”. En effet, outre la surreprésentation d’enfants de cadres en licences et en Master, les études de l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES) montrent qu’un étudiant dont le nom et le prénom signalent une origine juive ou maghrébine aurait 15% de chance de moins d’accéder à un master relativement à une candidature avec un nom ou un prénom signalant à une appartenance à la majorité de la population française.

Face à ces constats, le SCUM mène depuis plusieurs années des luttes avec les étudiants sans affectation afin de les faire inscrire. Depuis septembre 2025, le syndicat dit avoir aidé 72 “sans-facs” et a réussi, via des rassemblements et des interpellations directes de responsables de master, à faire inscrire 29 d’entre eux. Non sans mal : l’organisation étudiante dénonce une “répression” qui vise ses membres : tenue de sections disciplinaires à leur encontre, menaces de sanctions ou convocation un doyen d’université…

Des plateformes contre la sélection



Malgré tout, le SCUM reste déterminé à poursuivre la mobilisation, et ce, avec deux nouveaux outils : L’Union étudiante, la fédération de syndicats étudiants auquel il appartient, a récemment mis en place les plateformes “Stop parcoursupp” et “stop Mon Master” destinées à guider les bacheliers et étudiants dans leurs démarches et à les orienter en cas de difficulté.

Le syndicat revendique également l’abandon du décret instaurant des frais d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers, ainsi que la suppression, qu’il dénonce, des aides au logement pour ces mêmes étudiants, et réclame la construction de nouveaux logements CROUS.Ses membres appellent déjà à deux réunions d’information, le jeudi 10 septembre à l’Université Montpellier Paul-Valéry et le vendredi 11 septembre à l’Université de Montpellier.

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