Chronique ” Gaza Urgence Déplacé.e.s” | Gaza n’a pas besoin de déclarations d’inquiétude
1 août 2026Le compte rendu de l’action humanitaire du 1/08 de l’UJFP qui exige de la part de notre communauté internationale une position qui sauve ceux qui ont faim!
À Gaza, la crise humanitaire n’est plus une conséquence secondaire de la guerre, mais une réalité quotidienne qui poursuit la population à chaque heure. Le territoire, qui disposait d’une économie locale limitée mais dynamique, a subi des destructions massives touchant ses infrastructures productives et ses sources de revenus. Les usines ont cessé de fonctionner, les marchés se sont effondrés, les terres agricoles ont été endommagées et les travailleurs ont perdu leur emploi du jour au lendemain. Au milieu des décombres, des tentes et des centres d’hébergement, l’aide humanitaire est passée d’un soutien temporaire à une condition essentielle de survie. Cette évolution ne reflète pas une faiblesse de la société gazaouie, mais l’ampleur des destructions qui lui ont été imposées ainsi que l’incapacité de la communauté internationale à la protéger. La faim n’est plus une menace lointaine, mais une réalité qui frappe aux portes des tentes, des écoles et des centres d’hébergement. Alors que le monde débat des chiffres, les habitants de Gaza vivent les conséquences concrètes de ces chiffres dans leur corps et dans leur vie. Derrière chaque statistique se trouvent une famille qui a perdu son logement, un travailleur qui a perdu son revenu et un enfant qui ne connaît que le bruit de la guerre et les files d’attente pour obtenir de la nourriture. Ce qui se passe à Gaza est un effondrement général imposé par une longue guerre à une société assiégée, avant que celle-ci ne soit laissée seule face aux conséquences des destructions. Avec l’interruption des chaînes d’approvisionnement, la hausse des prix et l’absence de revenus, la possibilité d’acheter de la nourriture est devenue inaccessible pour des milliers de familles. C’est ici qu’apparaît le paradoxe moral que l’Europe doit regarder avec lucidité. Les habitants de Gaza ne réclament pas de privilèges, mais leur droit le plus élémentaire à la vie, à la nourriture et à la dignité. La communauté internationale ne peut pas parler de valeurs humanitaires tout en se contentant d’observer une société entière poussée vers la famine. Le silence face à la faim n’est pas une forme de neutralité, et le retard dans la réponse n’est pas une simple procédure technique, mais une position dont le coût humain est direct. Chaque journée qui passe sans véritable protection des civils signifie que davantage de familles perdent leur capacité à résister.
Les équipes de l’UJFP poursuivent leur travail sur le terrain depuis le début de l’agression, elle a choisi de placer l’alimentation au premier rang de son intervention, car la faim n’attend ni les déclarations ni les conférences. Grâce à ses centres de préparation et de distribution de repas à Khan Younès et à Deir al-Balah, ses équipes travaillent sans relâche pour préparer des repas et les fournir aux personnes déplacées. À Khan Younès, où des milliers de familles d’agriculteurs déplacées s’entassent sous des tentes, les repas parviennent à ceux qui ont perdu tous leurs moyens de cuisiner et toutes leurs sources de revenus. À Deir al-Balah, devenue un refuge surpeuplé pour les personnes déplacées, les centres de distribution de repas poursuivent leur travail malgré l’immense pression et la rareté des ressources. La continuité de ces repas signifie qu’une famille déplacée n’est pas contrainte d’affronter seule la faim. En ce sens, l’UJFP ne fournit pas seulement de la nourriture, mais défend le minimum indispensable à la dignité humaine. Les centres de distribution de repas s’appuient sur une présence quotidienne sur le terrain et sur une connaissance directe des besoins des personnes déplacées. C’est cette continuité qui donne à l’initiative sa véritable valeur. Dans cette perspective, nos centres de préparation et de distribution de repas représentent un modèle de réponse associant solidarité et continuité. Ils ne considèrent pas la faim comme un simple chiffre, mais comme une menace quotidienne exigeant une action quotidienne. Dans de telles conditions, les centres de distribution de repas deviennent une composante de l’infrastructure humanitaire qui empêche un effondrement total. Ils comblent une brèche qu’une protection internationale effective ainsi que des voies sûres et durables d’acheminement de l’aide auraient dû empêcher. Mais la réalité montre que ce sont les initiatives locales et solidaires internationales qui portent la plus grande part du fardeau sur le terrain.

Le discours européen doit donc être clair, sans hésitation, l est impossible de défendre le droit international en considérant l’affamement des civils comme un détail. Il est également impossible de célébrer les droits humains dans les capitales européennes alors que les enfants de Gaza sont privés de repas réguliers. Les centres de distribution de repas ont besoin de ressources continues, car ils font face à des besoins continus. Soutenir l’UJFP et ses centres à Khan Younès et à Deir al-Balah, c’est soutenir directement des milliers de civils. C’est également adopter une position politique et morale contre l’utilisation de la faim comme moyen de pression sur toute une société. Les paroles ne remplissent pas les marmites, les déclarations ne nourrissent pas les enfants et les promesses ne protègent pas les personnes déplacées de la faim. Ce qui fait la différence, c’est un financement durable, un accès sécurisé, la protection des travailleurs humanitaires et une véritable obligation de rendre des comptes concernant la destruction des moyens de subsistance. Aucune organisation, quel que soit son engagement, ne peut affronter seule l’ampleur de la catastrophe. La responsabilité des partenaires européens commence par la protection de l’acheminement de l’aide, le soutien aux centres de distribution de repas et la mise à disposition des ressources nécessaires à la poursuite de leurs activités. La poursuite de la distribution de repas par l’UJFP n’est donc pas une activité secondaire, mais une mission de sauvetage de vies humaines. Les instances européennes sont confrontées à une véritable épreuve concernant la crédibilité de leur discours sur la justice et la dignité humaine. Le soutien aux centres de distribution de repas de Khan Younès et de Deir al-Balah doit s’inscrire dans un engagement plus large visant à mettre fin à la catastrophe humanitaire. Tout discours sur l’avenir de Gaza est dépourvu de sens tant que son présent est abandonné à la faim et à la destruction. La paix commence lorsque la vie est protégée, que la dignité est préservée et que chacun peut manger sans avoir peur. Soutenir cet effort n’est pas un acte caritatif passager, mais une position morale et politique face à la destruction de l’être humain, de son économie, de son droit à la vie.
Distribution de repas aux familles de Khan Younis
https://drive.google.com/drive/folders/1Hn1Y5Sp5pclXREwViWvWN5KDQV8XlHCU
Distribution de repas aux familles de Deir al-Balah
https://drive.google.com/drive/folders/1dqWyHaFNyvc5mT3VcdiBXCUibqZah7GD
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