Commando de la fac de droit de Montpellier : de nouvelles plaintes déposées

Elian Barascud Publié le 6 mars 2024 à 12:47 (mis à jour le 6 mars 2024 à 12:48)
Dans la nuit du 22 au 23 mars 2018, un commando d'extrême-droite avait évacué à coup de planches et de taser un amphi occupé à la fac de droit de Montpellier.

Presque six ans après l’attaque du 22 mars 2018 dans un amphithéatre de la fac de droit occupé par des étudiants en lutte contre la loi ORE, la Ligue des Droits de l’Homme a organisé une conférence de presse ce mercredi 6 mars pour évoquer de nouveaux éléments sur l’affaire concernant de potentiels membres du commando n’ayant pas été jugés

Six ans après l’attaque d’un commando d’extrême-droite cagoulé dans l’enceinte de la faculté de droit de Montpellier pendant un mouvement social contre la sélection à l’université, de nouveaux éléments pourraient relancer l’affaire. C’est en tout cas ce qu’affirme la Ligue des Droits de l’Homme, alors qu’un procès a déjà eu lieu, avec des condamnations de quatre des cinq prévenus, notamment Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur du droit connu pour ses liens avec les identitaires. Philippe Pétel, ex-doyen de la faculté, condamné en première instance à 18 mois de prison avec sursis, n’avait pas fait appel. Il a d’ailleurs repris les cours à la faculté de droit le 17 février dernier.

“Que fait le procureur ?”, s’interroge aujourd’hui la LDH. En effet, entre décembre 2023 et janvier 2024, trois plaintes ont été déposées auprès du procureur par d’ex parties civiles du dossier afin d’ouvrir une enquête préliminaire à la suite d’un fait nouveau, et la LDH a demandé la jonction de ces trois dossiers. Un fait nouveau tenant des déclarations de Martial Roudier, membre du groupuscule raciste et violent la Ligue du Midi. Il a été inculpé dans l’affaire puis relaxé. Lors du procès en appel, il avait déclaré “Il y a forcément des étudiants, les gens derrière moi n’ont pas la stature.”

Des propos corroborés avec d’autres, qui laisseraient entrevoir que le groupe jugé au tribunal de Montpellier ne représentait pas l’intégralité du commando du 22 mars. Alain Iberti, agissant au nom de Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier, évoquait “un groupe composé d’une dizaine d’individus au visage cagoulé”, comme l’a rappelé le président du tribunal correctionnel de Montpellier en juillet 2021. Lequel mentionnait alors que ” les enquêteurs n’excluaient pas que tous les membres du commando agresseur n’aient pas été identifiés comme des personnes déjà présentes sur place, soit des chargés de TD ou des étudiants affiliés à la Corpo de droit, comme l’indique Philippe Pétel dans un interview télévisée”. Ce dernier avait affirmé, au lendemain de l’attaque, qu’il était “fier de ses étudiants”, en ajoutant “on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.”

Les prévenus ou proches du dossier évoquent eux-mêmes “des étudiants patriotes” venus déloger les manifestants, ou de “6 ou 7 personnes” (dixit Coronel de Boissezon). Ce qui conduit la Ligue des droits de l’Homme de l’Hérault à penser qu’il manque au moins cinq personnes à identifier pour que justice soit rendue.

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