Montpellier. Au moins 4 lycées et 5 campus bloqués : la jeunesse sur le pont avant la manif interpro du 6 octobre

Le Poing Publié le 6 octobre 2026 à 09:39 (mis à jour le 6 octobre 2026 à 12:58)
200 lycéens bloquaient Clemenceau tôt ce matin, dans une ambiance bon enfant. ("Le Poing")

Le Poing vous propose un fil d’info édité en cours de matinée sur la mobilisation étudiante et lycéenne du 6 mars. Avant les deux manifestations interpro du département. Montpellier : 13h au Peyrou. Béziers : 10h à partir du lycée Jean Moulin

12h30 Le blocus du lycée montpelliérain de Clémenceau est toujours en place. Les lycéen-nes se sont séparé-es entre celles et ceux qui vont tenir le blocus et d’autre qui iront en manifestation interpro, à 13h au Peyrou. Une cantine s’est installée un peu plus tôt devant l’établissement.

Sur le trottoir face au tas de poubelles qui entrave l’entrée de l’établissement, Philippe, retraité et ancien infirmier, se dit scandalisé par le comportement de la police envers les jeunes mobilisé-es. “J’ai connu des mouvements du genre dans ma jeunesse, mais on envoyait pas les flics comme ça, il y avait beaucoup plus de tolérance. Du coup je suis là pour protéger et encourager les jeunes.”

Une demi-heure plus tôt, un porte-parole de Clémenceau annonçait au mégaphone « Pour celleux qui vont à la manif, ne restez pas seul-es, restez avec des personnes de confiance, il risque d’y avoir de la répression »

Main arrachée à Lens, jeune homme éborgné à Tours, et près de 6000 interpellations entre le lundi 28 septembre et le lundi 5 octobre : la répression de ce mouvement de jeunesse est d’une triste intensité.

« Les jeunes démentent les clichés qu’on a sur elleux, ils ne sont pas cette génération tout le temps sur le téléphone qu’on décrit. », reprend Philippe. « Le couvercle de la marmite a débordé, et j’aimerais qu’il déborde pour tout le monde. Je pense que les lycéen-nes peuvent durer longtemps, et personnellement je vais venir les soutenir souvent. Après ça va dépendre des syndicats de salarié-es aussi. Je trouve que le 5 novembre pour une prochaine journée de grève interpro c’est beaucoup trop tard. Il ne faut pas recommencer sur les journées saute mouton habituelles. Et qu’on laisse pas peser les présidentielles sur le mouvement. Les gouvernant-e sont bien arrimé-es au pouvoir, il va falloir plus qu’une élection pour les détrôner. »

Tout près des lycéen-nes, autres soutiens. Deux étudiant-es de Paul Valéry, qui font tous les deux leurs premières manifestations. « Je suis venu soutenir, mais à l’université on a aussi nos problèmes, avec l’augmentation des frais d’inscription. », explique le premier. “Tout le monde chez nos potes étudiant-es parle de ce qui se passe, même celleux qui sont pas dans les syndicats ou les manifs » Le second enchaîne : « Faut changer les choses pour pas que les autres générations aient à vivre la même chose. »

Alia et Romane, toutes deux en seconde à Clémenceau, font aussi leurs premières manifestations. Interrogées sur l’arrivée des syndicats de salarié-es dans la lutte, Alia espère qu’avec ça « le gouvernement comprenne que ça nous tient à cœur et qu’ils changent les choses »

11h Comme dans beaucoup d’établissements scolaires, les élèves du lycée Jules Ferry demandent plus de moyens « nous n’avons pas de cafétéria, pas de chauffage. Quand il pleut, il y a des fuites », détaille Noémie, en première.

200 lycéens sont regroupés devant leur établissement, dont la façade est recouverte d’un filet.« C’est pour empêcher les plaques de tomber », d’après Philippe, un coordinateur Ulis du lycée. « Les pluies de février ont pourri le bois, une plaque s’est déjà détaché. » Un appel d’offre est lancé pour rénover le bâti, mais « ça va prendre du temps ».

Dimanche soir, le Premier ministre Sébastien Lercornu a adressé une feuille de route à sept de ses ministres, en demandant « des décisions avant la fin du mois » pour répondre au mouvement de blocage. De la poudre aux yeux pour l’enseignant « On signale tous les ans les problèmes de vétusté, de chaleur, des professeurs non remplacés. Ce sont des problèmes que le gouvernement connait depuis des années. Il faut arrêter de prendre les jeunes pour des imbéciles. On ne nous donne simplement pas assez de moyens. »

Une poubelle a brulé ce matin devant le lycée Jules Ferry. Au moins un jeune a été interpellé. (“Le Poing”)



10h30 300 élèves, accompagné-es de syndicalistes, profs et parent-es, bloquent dans le calme toutes les entrées du lycée Joffre depuis le début de matinée

9h45 Les syndicats étudiants annoncent cinq campus bloqués : Saint-Charles, Paul Valéry, la fac de sciences, la fac de droit et la fac d’éducation

https://www.instagram.com/p/DeJF1B0AlJ9/?stkn=MTk1cWJkMWlxeDJsZA==

8h30, lycée Frédéric Bazille Le lycée Frédéric Bazille-Agropolis est aussi bloqué, avec un rassemblement d’environ 200 personnes composé de lycéens, professeurs, parents d’élèves et d’anciens élèves. Gaspard témoigne des revendications dans la vidéo. Catherine, enseignante, explique s’être déjà mobilisé « le 14 et 15 septembre parce qu’il y avait trop de classes sans profs non remplacés » et des classes surchargées. Un élève du lycée témoigne :

8h30, Clémenceau Un peu avant 8 heures du matin, en bonne entente avec l’administration, des élèves du lycée montpelliérain Clémenceau se passe devant l’entrée. Nouvelle journée de blocage en perspective. Dans une ambiance déterminée mais bon enfant. On laisse rentrer les collégien-nes.

Très vite, plus de 200 personnes se trouvent devant l’établissement, en comptant de nombreux-ses parent-es ou travailleur-euses en grève.

Une première lycéenne interrogée nous confie : “C’est pas normal de pas avoir de cours parce qu’il n’y a pas de prof pour remplacer les absent-es. À huit heures quand on a plus de papier toilette et qu’on doit se débrouiller avec des mouchoirs, ça va pas. On se soutien avec les profs, pour elleux non plus c’est pas confortable. C’est pas l’année prochaine qu’on veut des choses. Un député RN a dit qu’il y pire, mais si on suit cette logique on fait jamais rien”

Puis, une seconde : “Il faut se rappeler qu’on a à peu près 15 ans, il faut nous laisser respirer, quand on a des emplois du temps pleins de trous qui vont de 8h à 18h, c’est pas possible. Les casseurs-euses à chaque fois c’est des gens extérieurs au lycée, personne qui les soutien parmi nous. La réponse du gouvernement, c’est de nous dire de fermer nos gueules, que les choses viendront plus tard, mais ça vient jamais.”

Un lycéen au mégaphone prend la parole : “On a été deux fois au rectorat pour qu’ils nous disent de bien fermer notre geule et plus bloquer. […] Montrez qu’on est ensemble et qu’on veux une éducation digne pour nos enfants.”

Les rassemblements devant Clémenceau n’ont pas toujours été si tranquilles. Vendredi 2 octobre, devant le même lycée, une lycéenne, statique à proximité d’une interpellation, recevait selon l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM) un coup de matraque au visage, juste sous l’oeil. Bilan : des fractures au visage.

D’où une seconde intervention d’une autre lycéenne au mégaphone : “Cette journée du 6 octobre est essentielle. Aujourd’hui on est tous-tes ensemble pour défendre notre démocratie et nos droits.”

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