Montpellier : les rues de Figuerolles renommées contre la marche à la guerre

Julien Servent Publié le 31 mai 2026 à 21:43

Samedi 30 mai, le collectif anti militariste « Maudite soit la guerre » a renommé plusieurs rue du quartier Figuerolles, où de nombreuses plaques portent le nom de généraux.

Dès 17h30 ce samedi 30 mai, quelques dizaines de membres du collectif anti-militariste « Maudite soit la guerre » se retrouvaient à Plan Cabanes. Colle, bâton, mais aussi chants pacifistes : le petit groupe partait pour rebaptiser certaines des rues du quartier Figuerolles à la dénomination jugée trop « va-t-en-guerre ». Objectif : dénoncer la militarisation croissante de la société.  

« Les guerres impérialistes reprennent en Iran et au Moyen-Orient alors qu’elles n’en finissent toujours pas au Soudan, en Ukraine, en Palestine et ailleurs. […] Ceux qui déclenchent ces guerres montrent ouvertement leurs intérêts : conquérir des territoires, piller des ressources, assoir une domination. Et aussi : détourner l’attention des problèmes intérieurs, vendre des armes. », expliquait un tract distribué lors de l’évènement. Avant de constater le rôle de la France, quand celle-ci reste classée deuxième pays exportateur d’armes par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) : « Les voitures ne se vendent plus, on va faire des drones d’attaque (Renault), mettre son réseau au service de la détection antidrone ‘pour se renforcer dans le secteur de la défense’, ou bien se reconvertir dans la fabrication d’obus (fonderie de Bretagne). Sans compter toutes ces entreprises qui fabriquent des composantes d’armes (comme ST-Micro). Pour Dassault et consorts, le marché est porteur. »

La rue des soldats a été renommée rue des refuzniks, en hommage aux objecteurs-trices de conscience israélien-nes qui refusent de servir dans les territoires palestiniens occupés. La rue du général Maurin, qui a servi dans l’armée de l’air pendant les guerres coloniales, et qui s’est notamment distingué en ravitaillant les forces françaises à Dien Bien Phu en Indochine, est devenue rue de la désertion. Près de la plaque de la rue du général Vincent, actif pendant la Seconde Guerre Mondiale, la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie, c’est un hommage aux déserteurs, insoumis et objecteurs de conscience de la guerre d’Algérie qui aura été affiché.

Le collectif « Maudite soit la guerre », formé d’organisations politiques, syndicales, associatives et d’individus, démarrait ses activités en mai 2025, avec un rassemblement devant l’Hôtel de Région, peu après l’annonce par la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga de “la mobilisation d’une enveloppe de 200 millions d’euros pour maintenir la compétitivité de l’industrie de la défense dans les territoires et renforcer notre capacité de défense.” Cet investissement s’étalerait sur la période 2025-2030 et concernerait 430 entreprises en Occitanie, telles que Airbus Defense and Space, Cegelec Defense, Thalès et Safran, Les Forges de Tarbes (munitions), Delair (drones), en partenariat avec le ministère de la défense.

Le collectif participait aussi en février 2026 à l’organisation d’une manifestation anti guerre, qui avait alors rassemblé 300 personnes dans les rues de Montpellier.

   

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