PoliceJustice
Analyse 3 janvier 2023

Montpellier : Potentiellement exclu de la fac de droit, Coronel appelle au secours sur les réseaux

L'intervention de Jean-Luc Coronel de Boissezon au forum de la dissidence en décembre dernier. (Capture d'écran)

S’il y a bien un trait qui caractérise l’extrême-droite, c’est l’inversion victimaire. Cette mauvaise habitude, dont elle accuse elle-même ses ennemis, consiste à se faire passer pour la victime quand on est l’agresseur. Apprécions l’ironie. Dernier exemple en date avec Jean-Luc Coronel de Boissezon, accusé d’avoir fait partie du commando du 22 mars 2018 à la faculté de droit, va probablement devoir tirer un trait sur sa carrière universitaire. Edito

Rappelez-vous : le 22 mars 2018, cet historien du droit, enseignant à l’Université de Montpellier, était vu en train de frapper des étudiants présents dans un amphithéâtre, après une assemblée générale. Cela en compagnie d’autres fachos locaux (FN, Ligue du Midi, Manif pour Tous…), et avec le soutien tacite du doyen Philippe Pétel. Après avoir courageusement levé la main sur des personnes ayant la moitié de son âge, ce Jean-Luc Coronel semblait croire qu’il bénéficierait de l’impunité habituelle des sbires du pouvoir. Mauvaise pioche : la médiatisation de l’affaire a entraîné une (longue) procédure, à la fois disciplinaire, interne à l’université, et pénale, face à la justice.

Presque cinq ans après les faits, voici donc Jean-Luc Coronel qui chiale (passez-nous l’expression) sur les réseaux sociaux. Sur quoi a-t-il pu encore trébucher ? Laissons-lui la parole : « le Conseil d’Etat vient en effet de casser en un délai record la décision du CNESER disciplinaire qui me permettait de rentrer à la Faculté en février prochain ». En effet, le conseil d’État vient de rendre une décision expliquant que «  la sanction disciplinaire infligée en appel à Jean-Luc Coronel de Boissezon est trop faible et doit être revue ».

Mais ne pleurez pas tout de suite, attendez : « pire, il me renvoie devant le CNESER en lui demandant de prononcer ma mise à la retraite d’office ou ma révocation définitive ». On vous épargne la suite sur la « peine de mort professionnelle », « l’énergie du désespoir » et les « conditions matérielles très difficiles ».

Mais que pouvait-il bien se passer dans sa tête ce soir de mars 2018 pour croire qu’il était possible de frapper en toute décontraction des étudiants dans une université ? Sentiment d’impunité typique des éléments antisociaux, déficience intellectuelle dans la compréhension basique du droit (taper individu = sanction) ? Nous laissons notre lectorat juger.

Le type a en tout cas l’outrecuidance de venir gratter quelques sous à son (riche) entourage en lançant une cagnotte en ligne. Cela, entre une participation à un forum identitaire où il est allé parler des «  persécutions universitaires » et un cours à l’iSSEP (« l’institut » de Marion Maréchal, englué entre accusations de viol et scandale autour de son ex-prof Oleg Sokolov, condamné pour avoir affreusement assassiné une de ses étudiantes). Et dire que ces gens vous bassinent avec l’insécurité… Leur malhonnêteté est telle qu’ils viennent pleurer sur votre épaule après vous avoir frappés.

Jean-Luc Coronel sera-t-il définitivement écarté du monde universitaire ? Possible, au vue de la décision du Conseil d’État. Ce sera au Conseil national de l’enseignement et de la recherche de trancher.

La condamnation pénale prononcée lors de son premier procès va-t-elle finalement s’alourdir le 28 février, jour du délibéré de son appel ? Nous en doutons, au regard de l’état de la justice dans ce pays. Mais ne boudons pas notre plaisir quand, pour une fois, une maigre sanction vient ruiner le réveillon de ce genre de personnage.

Un mot pour la fin : Cheh !


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