Procès en appel de BDS-Urgence Palestine à Montpellier : le parquet se désiste, le juge s’agace
Ce vendredi 12 juin, deux militants pro-palestiniens de BDS-Urgence Palestine comparaissaient en appel devant la cour d’appel de Montpellier pour une action symbolique à la maison des relations internationales. Le parquet a retiré son appel dès l’ouverture de l’audience. Le président de séance n’a pas caché son irritation
Une trentaine de militants s’étaient déplacés ce vendredi matin pour soutenir José-Luis Moraguès, co-fondateur de BDS Montpellier, ainsi qu’un jeune militant, convoqués devant la chambre des appels correctionnels de la cour d’appel de Montpellier. En juin 2024, ils avaient versé de la gouache rouge sur une plaque de jumelage avec la ville israélienne de Tibériade et sur un drapeau américain, lors d’une action symbolique à la maison des relations internationales pour dénoncer le génocide en cours à Gaza et le soutien des États-Unis à l’État d’Israël. En décembre 2024, le tribunal correctionnel avait relaxé le jeune militant et condamné José-Luis Moraguès à une amende de 150 euros avec sursis, ainsi qu’au remboursement d’un drapeau américain pour 30 euros. La Ville de Montpellier, qui réclamait plusieurs milliers d’euros, avait été déboutée.
Dès l’ouverture de l’audience, le parquet annonce son désistement. Le président de séance ne mâche pas ses mots : “Quelle débauche de moyens. On se plaint que les tribunaux soient engorgés, on a plein d’affaires prioritaires, et on nous annonce que le parquet se désiste au dernier moment…” Une sortie inhabituelle, qui intervient dans un contexte de débat national sur les dysfonctionnements de la justice, ravivé notamment par la mort de la petite Lyhanna, dont l’agresseur présumé avait fait l’objet de plusieurs plaintes restées sans suite.
La peine prononcée en première instance reste donc applicable. A la sortie de l’audience, l’avocate des deux militants, Damia Tahraoui, commente : “Cette débauche de moyens est présente depuis le début. Mettre de la gouache sur un drapeau relève de la liberté d’expression et de la simple contravention, pas du tribunal correctionnel. Cela traduit une volonté de harcèlement du mouvement de soutien à la Palestine.”
Les péripéties judiciaires continuent pour José-Luis Moraguès. En septembre prochain, il comparaîtra pour diffamation, à la suite d’une plainte de la présidente du CRIF local et de la présidente du Centre Culturel Juif Simone Veil, après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux de BDS qualifiant leurs positions politiques de “sionistes”.
Nos articles sont gratuits car nous pensons que la presse indépendante doit être accessible à toutes et tous. Pourtant, produire une information engagée et de qualité nécessite du temps et de l’argent, surtout quand on refuse d’être aux ordres de Bolloré et de ses amis… Pourvu que ça dure ! Ça tombe bien, ça ne tient qu’à vous :
ARTICLE SUIVANT :

