31 octobre à Montpellier : centre-ville interdit, couvre-feu pour les mineurs et Halloween sous arrêté
La préfète de l’Hérault et le procureur de la République ont signé ensemble, ce jeudi 29 octobre, un communiqué détaillant le dispositif prévu pour l’acte III du mouvement contre la vie chère, ce samedi 31 octobre. Au programme : interdiction de tout rassemblement dans l’Écusson et ses abords de 8h à 22h, couvre-feu pour les mineurs non accompagnés le soir d’Halloween, et une mise en garde adressée aux groupes « d’auto-défense », une semaine après la présence d’un groupe que la LDH qualifie de « milice » dans le centre-ville
Pas de manifestation dans le centre, pas de masque de ski, et pas de chasse aux bonbons dans l’Écusson après 20h sans un adulte. Pour ce samedi 31 octobre, la préfecture de l’Hérault reconduit et resserre le dispositif déjà appliqué la semaine dernière.
L’arrêté préfectoral paru ce 29 octobre, signé par le directeur de cabinet Marin Lassalle, interdit de 8h à 22h « toute manifestation et tout rassemblement » dans un périmètre qui englobe l’Écusson, la Comédie et les allées Jules Milhau jusqu’au Polygone, délimité par les boulevards du Jeu de Paume, Victor Hugo, Sarrail, Louis Blanc, Pasteur ou encore Henri IV.
Un tracé proposé par la préfecture
Deux cortèges ont été déclarés en préfecture. Le premier, porté par le Snudi FO 34 et FO ESR, devait partir du Plan Cabanes pour rejoindre le rond-point du Grand M par l’avenue de Toulouse. Le second, déclaré par Solidaires Hérault, prévoyait un départ place Eugène Bataillon, devant la fac de sciences, et une arrivée place de la Comédie. La préfecture leur a proposé un parcours unique, de la place Eugène Bataillon au parc Montcalm, qui contourne largement le centre. Un sit-in devant la mairie est également prévu à partir de 14 heures.
Interdiction de matériel de protection
Le port et le transport « sans motif légitime » d’équipements de protection (masques à gaz, lunettes de ski ou de chantier, casques, genouillères et coudières) sont interdits de 5h à 22h dans plusieurs communes du département, dont Montpellier. L’usage et le transport d’artifices, de carburant en jerrican, d’acide, d’alcool ménager et de « tous produits inflammables ou chimiques » sont interdits dans tout l’Hérault, du samedi 6h au dimanche 3h. Les drones de la police voleront de nouveau, des unités de forces mobiles viendront renforcer les effectifs locaux, et les militaires de l’opération Sentinelle seront mobilisés. Côté TaM, trams et bus circuleront normalement jusqu’à midi, puis de façon « perturbée ». Les commerçants sont invités à rentrer leurs terrasses et, si besoin, à baisser le rideau.
Halloween : à 20h au lit
La préfète renouvelle aussi le couvre-feu pour les mineurs non accompagnés, déjà instauré les 23 et 24 octobre : à Montpellier (centre-ville) et à Béziers (centre-ville et La Devèze), samedi de 20h à 6h le lendemain. Samedi étant le 31 octobre, la tournée des bonbons dans l’Écusson se fera donc avec un parent ou ne se fera pas. Le communiqué justifie d’ailleurs le dispositif par « le contexte particulier de la fête d’Halloween, traditionnellement marquée par des troubles à l’ordre public », mais aussi par les « enjeux commerciaux importants » liés à l’approche des fêtes de fin d’année. Et il rappelle qu’il est interdit de dissimuler son visage sur la voie publique, « même à des fins festives ». Les masques de citrouille sont prévenus.
Le procureur s’invite dans le communiqué
Fait rare, le texte est cosigné par le procureur de la République de Montpellier. Ses deux derniers paragraphes s’adressent à ceux qui seraient tentés de « se constituer en groupes d’auto-défense » face aux « scènes de pillages et de dégradations ». Préfète et procureur y rappellent que seuls les services de sécurité intérieure détiennent « le monopole de l’usage légitime de la force », et que toute personne qui s’engagerait dans une entreprise de « sécurité privée » en commettant violences ou dégradations devra en répondre devant la justice.
Le communiqué ne nomme personne. Mais il arrive après le 24 octobre, journée lors de laquelle l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier et la LDH décrivent, dans un rapport présenté le 28 octobre, un groupe « de type milice » qui aurait frappé des manifestants avant de circuler librement parmi les CRS. Côté préfecture, la version officielle évoquait deux groupes « en opposition » et une « rixe ». Le maire Michaël Delafosse a pour sa part saisi le procureur dès le 25 octobre, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.
Le 24 octobre vu par la préfecture
Pour justifier le dispositif, la préfecture revient sur le samedi précédent : près de 6 300 participants malgré l’interdiction, environ 500 grenades lacrymogènes, assourdissantes et de désencerclement utilisées, 40 interpellations, 14 membres des forces de l’ordre blessés et deux commerces dégradés. L’interdiction de la manifestation déclarée ce jour-là avait été validée par le tribunal administratif. L’arrêté du 31, lui, remonte jusqu’au mouvement « Bloquons tout » de septembre 2025 et prend le soin de recenser les tags relevés le 17 octobre, de « ACAB » à « Macron dégage ».
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