24 octobre : le bras d’honneur de Montpellier à l’interdiction de manifester

Khalie Guirado Publié le 24 octobre 2026 à 20:07 (mis à jour le 24 octobre 2026 à 20:16)

« On est venus pour le droit de manifester ». À Montpellier, plusieurs milliers de personnes dans la rue ce 24 octobre. Malgré l’interdiction de manifester, plus de 6000 personnes se sont retrouvées dès 13h00 pour converger vers une manifestation massive à Montpellier.

Les raisons ? Au-delà de la vie chère et des revendications pour la jeunesse, c’est le droit de manifester qui était sur toutes les lèvres.« On est là parce qu’on veut avoir le droit de manifester ! » confieront des retraités déjà présents samedi dernier, le 17 octobre . Un autre jeune, les yeux encore larmoyants des gaz lacrymogènes tirés par dizaines, est là pour exprimer un ras-le-bol général. « J’en ai marre de tout ça, je travaille, je me casse le cul et on subit en permanence de la violence. Au travail, dans la rue, la vie est chère. C’est pour tout ça que je suis là. » Et comme dans de nombreuses villes de France, même si la confusion en début de journée était de mise, rapidement les cortèges, partis certains du centre-ville, d’autres de la fac de sciences, ont convergé massivement à Albert Ier. Interdiction de la préfecture oblige, les pancartes étaient moins nombreuses, les drapeaux quasi inexistants. Pour autant, si la préfecture annonce 4000 personnes, c’est un nombre bien plus massif qui s’est élancé vers le Corum aux alentours de 15h00, le tout survolé tout au long de la journée par un hélicoptère de la gendarmerie rejoint par un drone, laissant planer une ambiance Mad Max.

Dispersé rapidement, le cortège s’est ensuite divisé, les un·es remontant vers la Comédie, les autres souhaitant rejoindre Odysséum et généreusement gazés aux abords de la mairie de Montpellier. Sur la Comédie, un jeu du chat et de la souris avec plusieurs milliers de manifestants face aux forces de l’ordre a rapidement eu lieu. Au moins une interpellation a été constatée.

À plusieurs reprises, la milice de Charlie D., acteur porno et influenceur fitness , a été aperçue, se faufilant sans difficultés entre les rangées de CRS dans l’Écusson. Des heurts entre ce groupuscule et des manifestants auraient eu lieu.

À la tombée de la nuit, nombreuses et nombreux étaient encore les personnes déterminées de part et d’autre de la Comédie. Après un jeu de ballon joyeux devant une ligne de CRS qui a relancé plusieurs fois la balle aux manifestants, un sit-in a été fait durant de longues minutes face à des CRS tandis que les lacrymos continuaient de tomber près de la rue de la Loge. Vers 19h00, le gros du cortège était dispersé. Après le 17, puis le 24 octobre, celles et ceux qui étaient dans la rue ont montré qu’ils n’avaient pas l’intention de renoncer au droit de manifester.

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