Morts de la rue : un rassemblement place de la Comédie pour alerter sur le sans-abrisme

Le Poing Publié le 8 mars 2026 à 15:01 (mis à jour le 8 mars 2026 à 15:06)
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 7 mars sur la place de la Comédie à Montpellier pour rendre hommage aux personnes sans abri mortes dans la rue. ("Le Poing")

Malgré la pluie, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 7 mars sur la place de la Comédie à Montpellier pour rendre hommage aux personnes sans abri mortes dans la rue. Organisé par un collectif citoyen et plusieurs associations, le rassemblement visait aussi à alerter sur l’ampleur du sans-abrisme et à interpeller les responsables politiques à l’approche des élections municipales

Ce samedi 7 mars, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sur la place de la Comédie à Montpellier pour rendre hommage aux sans-abri décédés dans la rue. Le regard ému, une dizaine de participants se sont allongés sur des couvertures de survie, au pied des Trois Grâces. Tout autour, des pancartes déposées à même le sol et des silhouettes tracées à la craie rendaient hommage aux disparus. Chacun et chacune pouvait symboliquement déposer une fleur.

Stanislaw, 63 ans, mort le 11 février 2024. Youssef, 29 ans, le 26 novembre 2024. Philippe, 60 ans, le 25 octobre 2025… Une bande sonore égrenait les noms et les dates de décès de personnes sans abri.
« On voulait que ce ne soit pas que des chiffres, montrer qu’on ne les oublie pas pour que ça ne se reproduise pas », commente-ton au micro.

Malgré la pluie, ils sont une cinquantaine à avoir répondu à l’appel d’un collectif de lutte contre le sans-abrisme, en partenariat avec les associations Solidarité partagée, Sakado, Pépites, La Carmagnole, Entraide SDF et Luttopia. « plusieurs dizaines de personnes sont mortes à Montpellier en 2025, et d’autres cette année », explique Samuel Forest, fondateur de l’association Solidarité partagée, une semaine avant le premier tour des élections municipales. « L’idée est aussi de sensibiliser les gens et de leur donner la possibilité de participer à cet hommage. »

Il appelle les « responsables politiques à prendre leurs responsabilités ». « Est-ce que c’est normal de faire des fontaines hors de prix et de vouloir des plages sur le bord du Lez alors que des gens vivent encore dans la rue ? », interroge-t-il. Selon lui, les associations ont sollicité la mairie « pendant des mois pour obtenir des toits » sans réponse satisfaisante. « Si on continue comme ça, il y aura encore des morts. »

Samuel Forest appelle également la future municipalité à « ouvrir des hébergements d’urgence ». « Il y a beaucoup de femmes seules et environ 200 bébés par an qui se retrouvent dehors à Montpellier. Quand on appelle le 115, il n’y a plus de places », déplore-t-il.

Des tracts distribués sur place rappelaient qu’environ 1000 personnes « survivent dans la détresse » à Montpellier. Ils soulignent aussi que l’âge moyen des morts de la rue en France est de 48 ans, et de 46 ans pour les femmes.

Une pétition a par ailleurs été lancée pour demander à la mairie d’agir face au sans-abrisme. Vous pouvez la trouver en cliquant ici.

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